jeudi, avril 06, 2006

Actualité - Rupture des liens impériaux : Le Venezuela et l'ALBA

Franc-Parler salue l'initiative du Venezuela qui refuse de se plier aux politiques d'aliénation et d'assimilation du gouvernement américain. L'article, reproduit ici, relate la création de nouveaux liens entre les nations en Amérique latine par l'Alternative bolivarienne pour les Amériques (ALBA). À la veille du cinquième anniversaire du Sommet des peuples de l'Amérique, le 21 avril prochain, il est essentiel de rappeler la détermination des nations à maintenir leur souveraineté et leur autodétermination dont le Venezuela est l'un des contingents.

Vers la fin de 2005, alors que la guerre faisait rage au Moyen-Orient et que les prix du pétrole connaissaient une montée fulgurante, les gouvernements et les pétrolières répétaient leur mantra à propos «des forces du marché», disant qu'ils ne pouvaient rien faire contre la montée des prix. Or, l'entreprise de distribution pétrolière Citgo, propriété du gouvernement du Venezuela qui possède huit raffineries et 14 000 stations d'essence aux États-Unis, a décidé d'offrir un rabais sur 10% de ses ventes aux États-Unis pour venir en aide aux familles pauvres des États plus au nord qui ont besoin de chauffage l'hiver. Citgo a vendu plus de 40 millions de gallons de pétrole avec un rabais de 40% à 150 000 ménages pauvres aux États-Unis.

Il y a eu réaction. Le président du House Committee on Energy and Commerce, le républicain Joe Barton du Texas, réclame une enquête pour déterminer si Citgo a enfreint la loi antitrust. Michael Heath, de la Christian Civic League, déclare que le gouvernement de gauche de Hugo Chavez est «un dictateur marxiste brutal [qui] cherche à diviser notre pays», tandis que l'American Family Association a lancé un boycottage de Citgo parce qu'elle croit que Chavez «a juré de faire tomber notre gouvernement».

Aucun gouvernement d'Amérique latine n'a jamais tenté de faire tomber un gouvernement des États-Unis, ni soutenu des coups d'État militaires, des actes de sabotage, l'ingérence dans les élections, des escadrons de la mort, des assassinats ou attentats terroristes aux États-Unis. L'inverse, par contre, a été la norme pendant plus d'un siècle.

Le gouvernement des États-Unis a soutenu la tentative échouée de coup d'État contre Chavez en 2002 et a récemment lancé l'appel à la création d'un front régional contre Chavez. Il finance des partis d'opposition au Venezuela. Le président américain George Bush, dans son budget 2007, demande l'augmentation de la fréquence des radiodiffusions de propagande de Voice of America au Venezuela.

Pourquoi le Venezuela est-il une épine au pied du pays le plus puissant du monde? D'abord, parce qu'il est un des plus grands fournisseurs de pétrole au monde, alors que les États-Unis sont aux prises avec une montée rapide des importations de pétrole. Deuxièmement, le Venezuela est le premier pays depuis Cuba à rompre avec le modèle néolibéral en Amérique latine. L'influence de l'exemple vénézuélien se répand, comme en témoignent les mouvements sociaux et politiques et la multiplication des accords en vue de créer une nouvelle forme d'intégration économique des pays d'Amérique latine.

Le Venezuela change

Chavez est arrivé au pouvoir avec une vague de réaction populaire après deux décennies de privatisation néolibéral, d'exclusion sociale et de corruption. Ex-officier militaire ayant dirigé la tentative de coup d'État de 1992, il a initié un vaste mouvement populaire à l'extérieur des partis traditionnels et remporté l'élection présidentielle de 1998.

Ce mouvement, connu sous le nom de révolution bolivarienne, s'est transformé en un projet participatif et ouvertement socialiste. Bien qu'il n'y ait pas eu d'importantes nationalisations (outre la reprise du contrôle de la pétrolière d'État), les surplus du gouvernement ont été investis dans des programmes populaires dans la santé, l'éducation, le logement et l'investissement public, plutôt que d'être versés à titre de subventions aux grandes entreprises et aux secteurs privilégiés. Il s'en est suivi une rapide polarisation politique: la presque totalité des grands médias et des entreprises d'investissement faisant front commun contre Chavez, avec l'appui d'une bonne partie de la classe moyenne. Mais la majorité de la population au Venezuela est pauvre.

En 1998, les inégalités au Venezuela étaient parmi les pires au monde: les 10% les plus riches du pays gagnaient 62 fois plus que les 10% les plus pauvres.

L'appui de la majorité pauvre est un des facteurs dont il faille tenir compte quand on cherche à comprendre comment Chavez et la révolution bolivarienne ont réussi à survivre et à aller de l'avant. Un deuxième est le dynamisme des initiatives participatives du gouvernement et le mouvement grandissant que cela entraîne; un troisième est le changement institutionnel comme objectif immédiat (une assemblée constituante qui a mené à une nouvelle constitution en 1999 et la réforme du mouvement syndical et de l'armée); un quatrième est la tradition révolutionnaire des luttes pour l'indépendance en Amérique latine, qui encourage la solidarité anti-impérialiste et l'autonomie nationale. Cuba a eu une influence considérable.

L'avancement des idéaux de la révolution n'ont pas été chose facile. La population du Venezuela est très urbanisée et vit en grande partie dans des logements pauvres. Les médias réactionnaires jouent leur rôle et une bureaucratie d'État était sous le contrôle des anciennes élites. Ces élites ont obtenu l'appui des États-Unis dans leur tentative de coup d'État de 2002. La tentative a échoué à cause de l'appui à Chavez parmi les masses populaires et d'importantes sections de l'armée. Mais les bouleversements créés par les tentatives de coup et le boycottage du pétrole qui s'en est suivi ont provoqué une récession en 2002-2003.

Or, la forte croissance économique de 2004-2005 a ouvert de nouvelles perspectives pour la révolution. La croissance moyenne de 13% sur deux ans (due en grande partie à la montée des prix du pétrole) a donné au gouvernement les moyens de financer les programmes sociaux et de créer de nouvelles institutions économiques publiques. Le caractère démocratique de la révolution a par ailleurs été consolidé par des élections qui ont marginalisé l'opposition.

Exaspéré par le refus de la bureaucratie de coopérer dans les programmes sociaux pour les pauvres, le gouvernement a créé des «missions» à l'extérieur des ministères pour accélérer la mise en place des nouveaux programmes. Les professionnels cubains jouent un rôle de soutien important pour ces missions dans la santé et l'éducation.

Les missions Robinson, Ribas et Sucre ont créé des réseaux d'éducation primaire, secondaire et post-secondaire, parallèlement aux écoles et collèges existants. L'éradication de l'analphabétisme fut le premier objectif. La croissance des inscriptions dans les écoles secondaires fut spectaculaire (de 19% en 1992 à 59% en 2003). Ces missions ont ajouté trois millions d'étudiants au réseau scolaire du Venezuela, tandis que les écoles normales ont également connu une hausse des inscriptions d'un demi-million d'élèves depuis 1998.

Les petits agriculteurs ont eu droit à des prêts à très faible taux d'intérêt (quand on sait que près de trois millions d'hectares de terre ont été donnés à 70 000 familles pauvres). Il y a des subventions pour aider à la création de coopératives et les programmes gouvernementaux dans les régions créent beaucoup d'emplois.

En plus des programmes de construction domiciliaire, le gouvernement est ouvert aux réclamations des squatters qui occupent des édifices non habités. La constitution de 1999 enchâsse le droit au logement et des programmes ont été créés pour réduire l'écart entre la promesse et la réalité.

La mission Mercal a été créée parallèlement à une chaîne de supermarchés. Elle vend des produits alimentaires de base à bas prix. La plupart des familles pauvres et même 28% des familles à revenu supérieur font maintenant leurs emplettes chez Mercal. On attribue à la mission Mercal la vente de 45% du riz, 38% des pâtes et 22% de la farine de maïs au pays. Les détaillants privés se plaignent de «concurrence déloyale».

Les droits des autochtones sont défendus dans la nouvelle constitution et le gouvernement Chavez a remis des titres fonciers aux communautés autochtones. Mais certains projets miniers font encore l'objet de controverse pour ce qui est du patrimoine naturel et autochtone.

Une des réalisations les plus remarquables du gouvernement vénézuélien a été l'établissement d'une communication entre Chavez et la population «au-dessus des têtes» des médias monopolisés. Rappelons que 90% des journaux et l'ensemble des stations de télévision privées sont contre le gouvernement Chavez et affirment être «la voix de l'opposition».

Mais la structure des médias change. Avant 1998, les médias privés recevaient un appui considérable du gouvernement. Plus de 60% de la publicité dans les journaux, par exemple, provenait de sources gouvernementales. Depuis qu'ils ont déclaré leur manifeste politique contre le gouvernement, ils ne reçoivent plus cet argent. Il s'en est suivi une restructuration importante, avec beaucoup de mises à pied, et le maintien de certains médias en tant qu'instruments de propagande à perte du secteur privé. Le gouvernement a par ailleurs soutenu certains journaux de gauche (comme le Diaro VEA), contribué au financement de nouveaux postes de télévision et établi une agence de presse publique (l'ABN). La guerre des médias semble tourner progressivement en faveur du gouvernement.

Les institutions professorales estimaient au milieu des années quatre-vingt dix que la pauvreté et la pauvreté extrême touchaient entre 49% et 84% de la population. Selon les données de l'Institut national de la statistique, durant les années du gouvernement Chavez ce taux de pauvreté a baissé continuellement de 1998 à 2001, a remonté durant la récession de 2002-03 en conséquence de la tentative de coup d'État pour se remettre à baisser par suite de la forte croissance économique et du renouvellement des programmes sociaux en 2004-2005. À la fin de 2005, le taux de chômage avait chuté en-deçà de 10% (comparativement à 15% en 1999). Il y a eu des progrès constant dans la qualité et l'approvisionnement de l'eau et des égouts et une nouvelle mission (Negra Hipolita) a été créée pour coordonner l'appui aux familles les plus pauvres.

Grâce aux revenus du pétrole et à la forte croissance économique, le Venezuela dispose de réserves étrangères de plus de 30 milliards $US. Il est donc en très bonne position pour aider à établir de nouveaux rapports avec les autres pays de la région.

Les accords de l'ALBA

Le Venezuela fait la promotion d'un modèle d'intégration économique de l'Amérique latine qu'il appelle Alternative bolivarienne pour les Amériques (ALBA), en opposition directe à la Zone de libre-échange des Amériques (ZLÉA) néolibérale que cherchent à instituer les États-Unis. L'ALBA conteste la domination impériale du commerce et de l'investissement dans les Amériques. Ces accords hétérodoxes sur le commerce et l'investissement entre six pays d'Amérique latine (Venezuela, Cuba, Argentine, Uruguay, Brésil et Bolivie) constituent également l'alternative la plus pratique aux relations qu'impose le modèle néolibéral. Puisque le Venezuela et Cuba sont présentement l'avant-garde de l'ALBA, il y a une préférence pour les institutions partagées et l'investissement public (ou les sociétés en participation). En somme, il y a une tendance socialiste.

Les accords cubano-vénézuéliens, formalisés vers la fin de 2004, donnent un meilleur aperçu de ce que représente cette alternative. Les deux pays ont convenu que les relations au sein de l'ALBA seraient basées sur les principes suivants: le «développement juste et durable», le «traitement spécial et différentiel», l'accès garanti aux avantages, la «coopération et solidarité», l'«intégration énergétique» entre les pays participants, un plus grand investissement régional et une baisse de la dépendance par rapport à l'investissement étranger et la défense des cultures latino-américaines, caraïbéennes et indigènes. Ils ont également convenu de soutenir un poste de télévision anti- impérialiste (Telesur) comme alternative pour parler de «nos réalités».

Les volets pratiques des accords cubano-vénézuéliens comprennent des éléments du troc, la libéralisation et l'intégration à saveur socialiste. Les échanges reflètent la force des ressources humaines de Cuba et la capacité de production et de raffinage du pétrole du Venezuela. Cuba fournit au Venezuela au minimum 15 000 professionnels de la santé, 2 000 bourses d'études pour l'enseignement général post-secondaire et des bourses d'études en médecine pour une période de dix ans. En échange, le Venezuela offre à Cuba du pétrole à prix préférentiel (27$ le baril en plus de primes de marché convenues à l'avance), le transfert de la technologie énergétique et le financement des infrastructures et des projets énergétiques. Il y a également un échange de produits touristiques à destination multiple.

Les deux pays ont convenu de considérer les avions et navires de propriété publique comme un patrimoine commun pour ce qui est du service et de l'entretien. Ils ont convenu de renoncer à tous les tarifs et à toutes les barrières commerciales entre eux, d'accorder la préférence aux investissements des entreprises «d'État et en participation» de l'un l'autre et de partager les installations sportives.

La collaboration s'est étendue aux projets d'aide, comme l'Opération Miracle du gouvernement cubain qui a offert gratuitement plus de 200 000 chirurgies de l'oeil en 2005 pour les personnes atteintes de cécité guérissable en Amérique latine et dans les Caraïbes. Au Venezuela, le gouvernement transporte le patient et un compagnon à Cuba pour une chirurgie.

Les deux autres accords régionaux de type ALBA initiés par le gouvernement Chavez sont Petrosur et Petrocaribe. Le Venezuela a accepté d'offrir l'essence avec un rabais de 40% pour une bonne partie des opérations de la première et pour l'ensemble des opérations de la seconde. Petrosur, qui comprend l'Argentine (un pays plus riche), comprend les échanges technologiques et l'Argentine fournit au Venezuela des services de construction navale. Bancosur, une banque publique couvrant l'ensemble de l'Amérique latine, deviendra une nouvelle institution continentale au même titre que Petrosur et Telesur, tandis que la Brigade Henry-Reeve de Cuba a été créée (après l'ouragan Katrina) pour offrir une aide médicale d'urgence lors de catastrophes naturelles. Les États-Unis ont refusé l'offre, mais l'aide de la brigade a été acceptée avec reconnaissance par le Guatemala et le Pakistan.

Le Venezuela a conclu des accords de type ALBA avec l'Argentine et l'Uruguay et est en négociation avec le Brésil. Les neufs accords d'intégration et de coopération signés par le Venezuela et l'Argentine en janvier et février 2005 engagent les deux pays à soutenir Telesur, la coopération technique dans l'industrie pétrolière, la santé, les hôpitaux, les sciences de la santé et les sciences sociales, et l'échange de services de construction navale pour des privilèges pétroliers. Cuba et le Venezuela ont signé des ententes avec la Bolivie sous forme d'aide dans les secteurs de la santé et de l'éducation, en plus de fournir de l'essence (200 000 barils par mois) et de l'aide technique pour que la Bolivie exploite ses propres réserves de pétrole et de gaz naturel. Plus tard, dit Hugo Chavez, la Bolivie pourra donner en échange des produits du soya et de viande.

Les accords de l'ALBA offrent de nouveaux modèles d'aide, de commerce sud-sud, de coopération et d'intégration symétrique, et corroborent l'affirmation de Chavez que la ZLÉA est «morte et enterrée». La ZLÉA fut proposée par le président Bill Clinton au milieu des années 1990 alors que le dollar américain dominait la zone de «libre échange» de l'Alaska à la Terre de Feu. C'était une façon pour Washington de contrer la puissance économique mondante de l'Europe unie en se basant sur son précurseur, l'Accord de libre échange nord-américain (ALÉNA). C'était aussi en réaction à l'échec anticipé du processus de l'Organisation mondiale du commerce.

Les États-Unis ont conclu des ententes de libre-échange avec le Mexique et le Chili et un entente provisoire avec un groupe de pays d'Amérique centrale, mais la plupart des pays d'Amérique latine n'ont pas été impressionnés outre mesure. Même d'importants alliés des États-Unis (Mexique, Colombie et Salvador) ont fait figure de dissidents aux pourparlers de l'OMC en 2003, rejetant les nouvelles propositions concernant l'agriculture et les droits de l'investisseur.

Dans ce contexte, les accords «sud-sud» de l'ALBA ont rempli le vide qui s'est créé. Comme l'affirme Chavez, l'Amérique latine a besoin d'intégration, mais pas celle que propose la mondialisation néolibérale. Ce doit être «une intégration libératrice, pas une intégration néocoloniale et de la néo-dépendance ... [Nous devons avoir] une intégration pour la liberté et l'égalité.»

Les récriminations d'«injustice économique» font maintenant partie de l'attaque néolibérale contre l'ALBA. Tandis que les pétrolières américaines se plaignent de l'«injustice» de l'offre de produits pétroliers subventionnés et à faible profit par Citgo, les supermarchés privés au Venezuela se plaignent de l'injustice des ventes subventionnées et à faible profit de produits de base par la chaîne d'État Mercal. C'est ce qui est à l'origine des tentatives des États-Unis de stabiliser le Venezuela — une véritable épreuve de force entre modèles socio-économique et différentes visions de l'intégration régionale.

(Tiré de Green Left Weekly et traduit de l'anglais par Le Marxiste-Léniniste)

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ninest123 16.02

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