samedi, mai 27, 2006

Actualité - La lutte pour les droits humains et la souveraineté haïtienne continue

Frnanc-Parler poursuit sa converture de la lutte du peuple haïtien pour la souveraineté. Le 18 mai, c'était la Fête du Drapeau et le 19 mai l'anniversaire du décès du libérateur José Martí, deux dates d'une grande importance pour le peuple haïtien. Au même moment, la lutte d'Haïti pour que cesse l'ingérence des puissances étrangères dans les affaires du pays continue.

Hier, le 18 mai, était la Fête du Drapeau en Haïti et le président haïtien s'est rendu à l'Arcahaie pour rendre hommage à la grande bataille pour l'indépendance du pays. On rapporte qu'à l'Arcahaie le président René Préval a dit à la foule qu'en somme les Haïtiens veulent posséder leur pays, met tè a. En ce moment il y a des étrangers dans notre pays et nous devons donc travailler à la paix pour qu'ils quittent. On rapporte qu'il aurait demandé à tous les Haïtiens de considérer ceux qui ne veulent pas travailler pour la paix comme des traîtres. Les traîtres, aurait-il déclaré, sont «ceux qui ne veulent pas payer des impôts, ceux qui continuent à faire de la contrebande, à patauger dans la corruption».

Le Réseau de leadership des avocats haïtiens tente d'obtenir le texte intégral du discours à l'Arcahaie. Il importe par ailleurs de rapporter que le président Préval a officiellement nommé Jacques-Édouard Alexis au poste de premier ministre.

Jacques-Édouard Alexis était premier ministre d'Haïti dans le premier gouvernement du président Préval, du 26 mars 1999 au 7 février 2001. Il est diplômé de la faculté d'Agronomie et de Médecine vétérinaire de l'Université d'État d'Haïti et fut le premier recteur de l'université privée de Quisqueye de 1990 à 1995. Avant de devenir premier ministre dans le premier gouvernement Préval, il fut ministre de l'Éducation nationale, de la jeunesse et des Sports. Récemment Jacques-Édouard Alexis a fait les manchettes lorsque le Canada lui a refusé l'entrée alors qu'il faisait partie de l'équipe de l'Espwa du président Préval en visite au Canada. Les autorités canadiennes ont fini par lui accorder un visa, mais M. Alexis a refusé d'y aller sans recevoir des excuses officielles. Le Réseau a rappelé que M. Alexis, qui n'était pas homme à plaisanter, avait demandé, alors qu'il était premier ministre, qu'un représentant du gouvernement canadien ou un membre de la mission diplomatique, qui se serait ingéré dans les affaires intérieures d'Haïti, quitte le pays. Les observateurs avisés savent qu'en réalité le gouvernement du coup d'État, qui a aidé à imposer le corrompu Latortue et qui déformait la réalité pour atteindre ses fins, avait nié à M. Alexis un visa pour le Canada sous prétexte qu'il avait commis «des crimes contre l'humanité». Ces Haïtiens, qui connaissent M. Alexis, ont dit au Réseau qu'il s'agit d'un homme compétent, fier et direct qui ne se laisse pas facilement avoir. Cela ne fait évidemment pas l'affaire des hommes et des gouvernements du coup d'État qu'un homme d'État haïtien aussi expérimenté et respecté soit premier ministre. On croit que la raison pour laquelle le Canada a d'abord refusé d'accorder un visa à M. Alexis alors qu'il accompagnait l'équipe du président Préval était qu'il a jadis affirmé la souveraineté haïtienne et déclaré un représentant du gouvernement canadien persona non grata. Ce serait là, selon la plupart des Haïtiens qui discutent de la nomination sur les ondes de la radio aujourd'hui, son seul «crime contre l'humanité»!

Enfin, nous savons de certaines sources que le président Préval a demandé qu'on fasse une vérification complète des biens du Palais avant d'y emménager. Selon la radio haïtienne, le régime de Boca Raton imposé par les États-Unis aurait volé tous les objets de valeur avant de quitter le Palais, même les pierres murales, semble-t- il.

Le Réseau continue d'analyser les événements en Haïti et de faire campagne pour l'autodétermination et la souveraineté haïtiennes, mais nous saisissons l'occasion, aujourd'hui 19 mai 2006, pour honorer non seulement l'exploit des ancêtres haïtiens à l'Arcahaie, mais aussi tous ceux qui ont combattu pour les droits humains dans cet hémisphère. Le Réseau rappelle qu'à cette date en 1920, Benoît Batraville, le caco qui succéda à Charlemagne Péralte après qu'il fut assassiné par des marines américains en Haïti, durant la première occupation, fut également trahi, piégé par ses proches, et assassiné par les marines américains à Lascahobas. Aujourd'hui les Haïtiens rendent hommage à Benoît Batraville, qui fut non seulement un soldat de la résistance contre l'occupation mais un hougan, en tant qu'héros. On nous dit que, comme Charlemagne Péralte, la dépouille de Benoît Batraville fut mutilée à titre d'avertissement aux autres rebelles. Nous rappelons que Emmanuel Dred Wilme, l'Haïtien le plus recherché depuis Charlemagne Péralte et Benoît Batraville, qui fut assassiné le 6 juillet 2005 par les occupants actuels d'Haïti, avait insisté avant de mourir que ses ennemis ne s'emparent pas de son corps. Les résidents de Cité Soleil brûlèrent sa dépouille sur un bateau pour le renvoyer aux Ancêtres à la manière des anciens.

Le 19 mai est également le jour où José Martí, le grand libérateur cubain, fut tué. Tous ces hommes ont sacrifié leur vie pour faire avancer la cause des droits humains dans l'hémisphère occidental. [...]

Ces hommes femmes, Dessalines, Pétion, Toussaint, Marie Jeanne, Toya, Défilé, Claire Heureuse, Malcolm X, Charlemagne Péralte, Benoît Batraville, Emmanuel Dred Wilme, ont combattu et sont morts pour le principe proclamé dans la Déclaration universelle des droits de l'Homme: Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits.

Nous remercions tous ceux qui continuent de répondre à l'appel.

Pour ce qui est de la contribution contemporaine d'Haïti à la lutte hémisphérique pour «la liberté de tous», le Réseau de leadership des avocats haïtiens, à la fois en tant que panafricanistes et en tant que panaméricanistes, et suivant sur les pas de ces libérateurs dans l'Hémisphère occidental, proclamait en 1995, il y a plus de 10 ans:

«Il est horriblement cruel, bassement répugnant, inhumain et barbare que tout être humain, en raison de sa nationalité, de son appartenance à la race noire et de son passé révolutionnaire, soit incarcéré de force dans son pays, par des lois internationales ne s'appliquant qu'aux seuls Haïtiens. Les Haïtiens sont insultés, contraints à l'obéissance, forcés de vivre sans la liberté de s'associer à d'autres êtres humains dans le monde et privés des moyens d'affirmer le désir humain fondamental de voyager, de voir du pays ou de tout simplement contempler l'immensité, la majesté et la beauté infinie de la Nature. Aucun être humain n'est un étranger. Aucune loi qui emmure une nation de millions de noirs sur une île pendant plus de deux siècles parce qu'ils ont rompu leur asservissement américain et européen et sont de ce fait un mauvais exemple pour les autres peuples épris de liberté dans le monde, ne saurait être justifiée. Les Haïtiens ont suffisamment souffert de l'isolement. Il ne devrait y avoir qu'un seul passeport pour l'ensemble de l'hémisphère américain, en plus des passeports des États-nations. Voilà ce qu'est véritablement la mondialisation.

«En plus du droit de voyager librement, de la liberté de s'associer avec d'autres Haïtiens et les autres êtres humains de la planète -- l'accès juste et égal aux marchés mondiaux, aux prêts, au crédit, aux cultures et religions du monde; l'accès juste et égal à la contemplation de la majesté, la beauté et la divinité de la nature; le droit de vivre dans la dignité sans la répression gouvernementale ou l'ingérence internationale ou étrangère; l'accès à l'eau potable, à l'air non pollué, au logement abordable, à un salaire permettant de vivre, à la liberté de religion, aux possibilités d'emploi juste et équitable et à des soins de santé de base --, il s'agit de droits humains fondamentaux des Haïtiens, pas de charité. En Haïti, un système d'éducation et un système juridique et économique de conception haïtienne pour promouvoir et protéger la société, la souveraineté et la spiritualité haïtiennes, la psychologie du vodun, l'art, la musique et la culture haïtiens, sont un droit acquis de naissance de tout Haïtien. Les droits humains, politiques, économiques, de propriété, de déplacement, culturels et civils fondamentaux du peuple haïtien ne doivent pas être systématiquement éventrés au nom du 'libre-échange, justice, démocratie ou bon gouvernement' par la prétendue 'communauté internationale', ni systématiquement sapés par des 'réformes' conçues et appliquées par l'étranger ou des projets de la Banque mondiale, du FMI et de l'IFC.»

Aujourd'hui 19 mai, nous rendons hommage aux grandes luttes des guerriers des droits humains, José Martí, Malcolm X, Benoît Batraville et tous celles et ceux de l'Hémisphère occidental qui suivent leur pas, qui disent la vérité et qui risquent leur vie et leur liberté pour l'application de la justice et l'application égale des lois pour tous, sans considération de richesse ou de couleur de peau. Toutes les frontières sont de conception humaine et aucun être humain n'est un étranger.

(Marguerite Laurent - Réseau de leadership des avocats haïtiens)

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2 Comments:

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2:53 a.m.  

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