samedi, janvier 27, 2007

Actualité - Marti journaliste

L’exercice du journalisme a occupé une bonne partie de la vie et de l’attention de José Marti, qui a publié son premier texte dans la presse avant l’âge de 16 ans.

Si la postérité a fixé l’image littéraire du Marti poète, ses contemporains l’ont connu et admiré surtout pour ses écrits pour les journaux, car les deux recueils de poésies qu’il a édités par ses propres moyens ont été distribués par lui-même comme cadeau parmi ses amis et connaissances, alors qu’ils pouvaient apprécié ses textes dans plus d’une dizaine de journaux hispano-américains. Et il est évident que l’éventail des lecteurs de cette presse dépassait largement celui de la poésie.

Pour les spécialistes du style de Marti il est indispensable d’examiner cette prose pour pouvoir comprendre la transformation que le révolutionnaire a opéré dans la langue espagnole, comme ceux qui se consacrent à étudier sa pensée savent que ces écrits pour la presse renferment les divers sujets et affaires qui ont attiré son attention.

L’entrée «professionnelle» de Marti dans le journalisme est survenue à 22 ans, durant son séjour au Mexique, entre 1875 et 1876, et on peut dire qu’elle a été fortuite. Sa famille s’était établie dans la capitale et le jeune, après avoir obtenu ses diplômes d’avocat et de licencié en philosophie et en lettres en Espagne, il est parti rejoindre ses parents et ses sœurs, avec l’idée d’assumer leur entretien par le biais de la pratique du droit.

Sa famille, entre-temps, avait trouvé du soutien chez un voisin mexicain qui occupait un poste dans l’administration du District Fédéral, et qui a accompagné le père de Marti à l’attendre à la station de chemin de fer le soir de son arrivée.

Manuel Mercado a été cet homme providentiel qui non seulement est devenu son ami intime auquel le Cubain a confié dans ses lettres ses émotions et ses objectifs politiques, mais, en outre, qui lui a ouvert les portes de la société mexicaine à travers ses vastes relations.

Ce fut Mercado qui l’a amené à la Revista Universal, un quotidien du parti au pouvoir qui rassemblait alors le gratin des lettres mexicaines de l’époque.

Curieusement, le premier texte publié là-bas par Marti a été un poème dédié à l’une de ses sœurs décédée quelques semaines avant son arrivée, ainsi que d’autres vers qui ont été inclus dans des éditions postérieures du journal. Cependant, depuis mars 1875 sa plume a fait partie de cette rédaction, dans laquelle il a appris l’art du métier et couvert les genres les plus divers.

Dans la Revista Universal, Marti a publié de nombreux articles de fond sur divers sujets nationaux ou internationaux, écrit des comptes-rendus pour la section intitulée «Courrier des théâtres»; il s’est occupé aussi durant une quinzaine de jours du Bulletin parlementaire qui donnait des informations sur les débats dans l’Assemblée législative mexicaine, publié une traduction du français et un conte, et rassemblé fréquemment ses articles non signés dans la section Entrefilets et Échos.

Il n’y a aucun doute que le journaliste s’est formé dans ce quotidien en complétant les espaces qui manquaient à l’heure du bouclage du soir du journal, ajustant la chronique du jour à l’espace qui lui était réservé, écrivant au moment de la clôture ce qu’un autre confrère n’avait pu terminer. Écrivain de la rédaction, amoureux du plomb et de l’encre d’imprimerie, attentif au typographe pour éviter les errata qui le préoccupaient tellement, Marti a été à Mexico un très bon journaliste.

Sa période de journaliste au Mexique est une source importante pour connaître le processus de formation de ses idées et de son style, c’est pourquoi les spécialistes ont fréquemment utilisé ses articles.

Mais depuis peu de temps on a aussi confirmation que Marti a aussi écrit de nombreux échos pour la section correspondante de la Revista Universal, d’abord appelée «Echos de toutes parts» et ensuite «Entrefilets».

A travers un examen rigoureux du style de chaque nouvelle brève et des sujets qui y sont abordés, les spécialistes du Centre des études de Marti chargés de l’édition critique de ses œuvres complètes, ont détecté que plus d’une centaine de nouvelles brèves, jamais rassemblées auparavant, étaient l’œuvre de Marti.

Dans le journalisme d’alors, les entrefilets et les échos embrassaient un vaste éventail de sujets, tous caractérisés par leur valeur d’information. Une bonne partie de ces textes seraient considérés aujourd’hui comme des articles d’information, même si ce genre d’article était aussi utilisé pour la polémique et le débat politique.

Les échos de la Revista Universal de Mexico se situent dans cet esprit, et bien que la section avait un rédacteur responsable, il était habituel que d’autres membres de l’équipe du journal s’y expriment, souvent d’une manière sous-entendue, et parfois avec les initiales du collaborateur occasionnel.

Cela arrivait souvent à Marti, qui s’est vu obligé plus d’une fois de polémiquer, surtout quand un autre journal combattait sa défense habituelle de l’indépendance de Cuba. Ce genre de sujet traité a amené les spécialistes à lui attribuer de nombreux échos, de même que la perspective latino-américaniste, la préoccupation pour la création artistique et les avancées technologiques et scientifiques, l’importance conférée à l’éducation et, surtout, le style éducatif.

De même que dans le reste de son journalisme et, particulièrement, comme c’est manifeste dans une époque postérieure où il a écrit des échos, ces textes publiés dans la Revue Universelle montrent, malgré leur brièveté et l’aspect éphémère des informations dans de nombreux cas, un trait singulier de son style journalistique et de tous ses écrits: l’exercice de l’examen, l’expression d’une opinion, et le jugement basé sur une éthique humaniste et de solidarité.

Les échos mexicains démontrent une fois de plus la haute dignité et le respect professionnel que conférait Marti à la pratique du journalisme. Le simple article non signé avait pour lui la même valeur qu’un article de fond bien en vue sur une page.

Les échos les plus brefs ont été pour lui un moyen aussi important que les autres pour répandre ses idées et accomplir le devoir qu’il attribuait au journalisme dans l’un de ses articles intitulés Bulletins pour la Revue Universelle: «La presse n’est pas la douce révérence ou la colère insultante; c’est la proposition, l’étude, l’examen et le conseil»

(Granma International - Pedro Pablo Rodriguez)

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lundi, janvier 22, 2007

Actualité - Invisible Violence: Ignoring murder in post-coup Haiti

In an eight-minute report (6/5/05) in which she rode in a U.N. armored personnel carrier and extolled the bravery of U.N. soldiers, NPR correspondent Lourdes Garcia-Navarro cited "human rights organizations" as saying that "things have improved since the Aristide days." The NPR report interviewed two members of the U.N. force, one U.S. police trainer, one Haitian police official and Gérard Latortue, the head of Haiti's unelected interim government. It neglected to quote any victims of the violence perpetrated by the Latortue regime or any human rights organizations critical of the governmental-sponsored violence—perhaps because they might have pointed out that such violence actually increased dramatically during Latortue's time in power.

After Haiti's democratically elected leader, President Jean-Bertrand Aristide, was ousted in February 2004, the United States, Canada and France put into place an interim government made up of members of the opposition. Latortue, a wealthy Haitian-American, was installed as the head of this government.

On April 30, 2004, the United Nations, under U.N. Resolution 1542, established the U.N. Stabilization Mission to Haiti, known as MINUSTAH, grouping more than 9,000 military and police personnel from more than 40 countries under the leadership of Brazil and Canada. For more than 26 months, the interim government used former members of Haiti's disbanded military, along with U.N.-trained paramilitary police, to crack down on the slum-dwelling supporters of the ousted government and of Fanmi Lavalas, the political party which had voted Aristide into office. During this period, the mainstream U.S. press observed a virtual blackout on the state-sponsored violence perpetrated by the U.S.-backed interim Haitian government.

Aristide under fire

For more than two-and-a-half years prior to the 2004 coup, paramilitary rebels led by former Haitian police chief Guy Philippe had attacked Haiti from bases in the Dominican Republic. They killed civilians and government officials, targeted police stations, Haiti's largest dam and even the presidential palace, all sparking further violence. Government aid embargoes by both the Clinton and Bush administrations further stripped bare the foreign aid–dependent Haitian state.
Opposition-aligned political parties and anti-government "civil society" organizations, however, received tens of millions of dollars in training and support funds during that time from U.S., Canadian and European aid agencies, such as the U.S. Agency for International Development, the National Endowment for Democracy and the Canadian International Development Agency. With the Haitian currency, the gourde, plunging in value, poverty-stricken Haitians struggled under mounting prices and political destabilization.

Even under these conditions, the Aristide government continued to invest in education, medical training and a program to fight human trafficking, albeit with a yearly budget of approximately $300 million for a population of about 8 million. Daring to resist IMF calls to privatize its public industries while raising the minimum wage for Haitian garment industry workers and bringing suit against France for $21 billion in colonial reparations, the Aristide government accumulated powerful enemies.

Further political polarization resulted in violence, doggedly covered by the mainstream U.S. press throughout Aristide's second administration (2/01–2/04). One of Aristide's most widely publicized North American critics counted approximately 212 politically motivated deaths during Aristide's second government, attributing 50 of those killings to the opposition (Michael Deibert, Notes From the Last Testament).

Murderous operations

By contrast, a National Lawyers Guild investigation documented that "800 bodies" had been "dumped and buried" by the morgue in Port-au-Prince in just the first week following the coup; the usual number under Aristide was less than 100 a month (3/29–4/5/04). The University of Miami Human Rights Investigation, a 10-day survey (11/11–21/04) during the interim government, discovered piles of corpses in Haiti's capital of Port-au-Prince—victims of state security and paramilitary forces (Boston Globe, 4/19/05). World Bank official Carolyn Antsey told this reporter that "thousands died" as a result of the February 2004 events.

Alternative press agencies, human rights organizations and independent investigations, including Amnesty International, the New York University School of Law, L'Agence Haïtienne de Presse (AHP) and Dr. Paul Farmer's Partners in Health, reported a concerted wave of interim government violence and persecution, while much of the U.S. mainstream press remained virtually silent.

Throughout 2004 and 2005, reports from the non-profit alternative news service Haiti Information Project (HIP) uncovered killings of Lavalas supporters carried out by members of the interim government's Haitian National Police (HNP). HIP (7/05) also documented murderous operations, with victims often shot in the head, committed by the Brazilian and Jordanian contingents of MINUSTAH. The University of Miami Human Rights Investigation, conducted by Boston immigration lawyer Thomas Griffin in mid-November 2004, documented mass murder by the HNP, mass graves, cramped prisons, no-medicine hospitals, corpse-strewn streets and maggot-infested morgues—the interim regime's means of dealing with the supporters of the ousted Aristide government. Nine months after Aristide was removed, Griffin wrote,

U.S. officials blame the crisis on armed gangs in the poor neighborhoods, not the official abuses and atrocities, nor the unconstitutional ouster of the elected president. Their support for the interim government is not surprising, as top officials, including the minister of justice, worked for U.S. government projects that undermined their elected predecessors. . . . U.N. police and soldiers, unable to speak the language of most Haitians. . . resort to heavy-handed incursions into the poorest neighborhoods that force intermittent peace at the expense of innocent residents. The injured prefer to die at home untreated rather than risk arrest at the hospital. Those who do reach the hospital soak in puddles of their own blood, ignored by doctors.

A few mainstream outlets occasionally reported on individual incidents of violence perpetrated by the interim government. The Miami Herald (3/1/05) reported: "Haitian police opened fire on peaceful protesters Monday, killing two, wounding others and scattering an estimated 2,000 people marching through the capital [on February 28] to mark the first anniversary of President Jean-Bertrand Aristide's ouster. . . . Peacekeepers, whose orders are to support the police, stood by as the attack occurred. The police quickly disappeared, leaving the bodies on the street."

On March 24, 2005, the Associated Press wrote: "Police opened fire Thursday during a street march in Haiti's capital to demand the return of ousted President Jean-Bertrand Aristide. Witnesses said at least one person was killed. . . . Associated Press reporters saw police firing into the air and toward protesters." Another AP dispatch (4/27/05) reported, "Police fired on protesters demanding the release of detainees loyal to Haiti's ousted president Wednesday, killing at least five demonstrators." On June 5, 2005, Reuters wrote, "As many as 25 people were killed in police raids on Friday and Saturday in the slums of Haiti's capital."

In one of the most graphic accounts to find its way into the mainstream press, the Miami Herald wrote (9/1/05):

The police carried assault rifles and wore black masks. The gang they accompanied had brand-new machetes. According to witnesses and U.N. investigators, they stormed into a soccer match during halftime, ordered everyone to lie on the ground and began shooting and hacking people to death in broad daylight as several thousand spectators fled for their lives. . . . Some were handcuffed and shot in the head by police, witnesses said. Others were hacked to death.

Missing the story

But such forthright reporting was exceptional, particularly in the most prominent news outlets. Studying the last two years of coverage by three leading mainstream U.S. newspapers—the New York Times, Los Angeles Times and USA Today—along with National Public Radio, Extra! found that 98.6 percent of the pieces related to Haiti ignored the role of state-sponsored violence and persecution. The few that did mention them provided a few isolated examples, usually working to discredit the documented incidents as partisan political allegations. The human rights reports citing a high number of political prisoners and killings by the interim government's HNP were rarely cited by the mainstream press.

Following the 2004 coup, press accounts based on interviews with interim government, MINUSTAH and U.S. government officials ensured that an official version of events prevailed. These media outlets demonized Lavalas supporters as "gangs" and "supporters of violence," and justified the foreign-backed destabilization and overthrow of the constitutional government.

The New York Times published 642 pieces that mentioned Haiti between March 1, 2004 and May 1, 2006—close to one a day. But only four dealt with the violence against and persecution of members and supporters of the former government. While the New York Times reported (10/26/04) on the imprisonment of Father Gerard Jean-Juste, a pro-Aristide priest imprisoned for political reasons, it failed to investigate the nearly 1,000 other political prisoners, many underfed and living in dilapidated jails for more than two years without being charged.

Meanwhile, the Los Angeles Times had 244 pieces mentioning Haiti from March 1, 2004 to May 1, 2006, but only five discussed—briefly—the violent persecution of Lavalas supporters. At the same time, the paper managed to cover every single death of a MINUSTAH soldier.

Well over half of all the quotes in L.A. Times articles dealing entirely with Haiti came from official sources. One L.A. Times article covered the imprisonment of former Prime Minister Yvon Neptune (7/5/05), but failed to mention the evidentiary weakness of the charges leveled against him by a U.S.-funded NGO (Baltimore Sun, 5/29/05), or that there were nearly a thousand other political prisoners languishing in the jails of the interim government.

With a smaller international section, USA Today had 13 articles specifically on Haiti between March 1, 2004 and May 1, 2006. Two (1/4/05, 9/27/05) were critical of the Latortue government, citing its involvement in human rights violations. One of these was followed by a rebuttal from Roger Noriega (1/12/05), then assistant secretary of state for Western Hemisphere affairs and a primary architect of the 2004 coup. USA Today's pieces also showed an extreme source bias toward U.S. government and U.S.-installed interim government officials. In its articles, seven U.S. government officials, one U.N. official and 16 Haitian government officials were quoted, compared with only one human rights official and one member of Lavalas.

NPR, according to its website, had approximately 79 stories covering Haiti between March 1, 2004 and May 1, 2006. Only three mentioned violence against Lavalas supporters (10/4/04, 10/7/04, 1/25/06), all of these placing the majority of the blame on pro-Aristide "political and gang" violence, failing to interview victims of state-sponsored or U.N. violence. The role of MINUSTAH and the HNP was almost completely ignored.

The introductions of sources in articles covering Haiti illustrates the reliance on official sources: "diplomats say," "an anonymous diplomat says," "a source involved in the palace brainstorming," "a U.S. diplomat in Port-au-Prince said," "U.N. officials say," "Haitian police say," "USAID workers explain," "a member of Haiti's electoral council said," "the new commander of the U.N. peacekeeping force assured," "council members said," "interim officials say," "State Department officials say," etc. Rarely, if ever, do we read what the wounded, imprisoned and exiled say—the testimonies that don't sustain the official story.

(FAIR - Jeb Sprague)

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dimanche, janvier 14, 2007

Actualité - The Case of Venezuela's RCTV

No single news item emerging from Venezuela has made foreigners, and especially North Americans, more queasy than the recent decision by the Chávez government not to renew the broadcasting concession previously granted to Radio Caracas Television (RCTV). Perhaps with some justification, many have a severe allergy to anything that smells of an attack on "free speech." Such hyper-sensitivity, however, obscures a crucial detail of the matter: the non-renewal of RCTV's concession is simply not about free speech.

The claims of the opposition and the foreign press, which assert a veritable "trampling" of human rights and press freedom, rest on a series of faulty claims:

1) The Venezuelan government is behaving abnormally.

Central to the opposition's framing of the issue is the broad background of a slide toward authoritarianism and fascism. According to many, Venezuela has stepped decidedly outside the democratic norms governing behavior in the post-Cold War world, and the non-renewal of RCTV's concession is proof of this ab-normality.

This, however, could not be further from the case. The Bolivarian Constitution of 1999 does boast the most stringent requirements imposed by any constitution on the private media, enforcing above all a broad notion of "responsibility" on the latter. Media magnates have expressed a clear concern over this provision, and with good reason, since they had been operating irresponsibly for quite some time.

Were this constitutional provision fully enforced and legislated, the private media might be able to claim that their existence is somehow more difficult than other media outlets the world over. But as it stands, legal requirements and enforcement are hardly out of the ordinary. The Ley Resorte, or media responsibility law, has as its objective the "social responsibility of radio and television service providers," and has been credited with both protecting the rights of children and increasing the amount of domestically-produced programming.

However, the idea that media concessions entail responsibility is not at all unique. Even the U.S. FCC maintains a similar position, notwithstanding the swift de-regulation during the early years of the Reagan administration. As we all know, the FCC maintains certain content restrictions on broadcasting (more strict, it should be mentioned, than in many European nations), and is not unwilling to silence those who infringe upon these restrictions. Moreover, ever since the Janet Jackson "wardrobe malfunction," the enforcement of such restrictions has been ratcheted up (as in, e.g., FCC efforts to shut down infamous radio host Howard Stern, not to mention the continuous closure of smaller outfits).

And we are only speaking here of so-called "obscenity," which doesn't even compare to the charges against RCTV, which as is well-known, actively participated in a conspiracy which brought about several deaths and used those deaths to provoke a coup in April of 2002. This was followed by an equally active participation in the oil sabotage of December of the same year, which crippled the Venezuelan economy toward the same end.

While this provides little justification, it is worth mentioning how many FBI visits have been occasioned by "threats" against George W. Bush, despite the fact that these have been isolated and individual incidents, not the sort of organized rebellion and premeditated murder endorsed by the Venezuelan media.

2) "Human rights" are being violated.

In his first significant intervention since being named vice president, Jorge Rodriguez spoke on the subject of RCTV at the swearing-in of Chávez's new ministerial train. He began from the dictionary definition of "concession": "the juridical means by which the administration cedes to a person the privative use of something in the public domain, or the management of a public service, for a determinate period of time and under certain conditions." Rodríguez added that "this is not Hugo Chávez saying this, this is in the dictionary."

And yet opposition media outlets attempt to paint the issue of the non-renewal of a concession as the violation of a human right. This "right" presumably means the right of a large private media conglomerate to have unrestricted access to a public good, to use and abuse this public good for profit without acquiring any responsibility. When RCTV head Marcel Granier wants to tug on liberal heartstrings, he adds in the claim that the human rights of the workers are being violated.

Yes, you heard right, RCTV (a division of business group 1BC) is concerned above all with their workers' rights. The government has been quick to point out in response that the concession is not being denied to the workers, and has actively encouraged RCTV workers to organize into a collective and request that the concession be granted to themselves.

3) The government is "closing" a media outlet.

Many, moreover, have claimed that the government is unilaterally "closing" a media outlet, and that to do so represents a sort of quantitative attack on free speech. The fewer media outlets there are, so the argument goes, the less free the press.

As dubious as such arguments are in and of themselves, it should be clear that they don't even apply to the situation in question. Channel 2 is not being closed; broadcasts will continue. The concession to one private corporation is not being renewed, and will instead be granted to either another private corporation, a mixed public-private corporation, a collective of workers, or some other combination.

In his speech, Rodriguez was clear on this point: "Is the Bolivarian government closing down a television station? Is it violating the freedom of expression? No, it's not even revoking a concession The only television station that was closed during the eight years of this government was Venezolana de Televisión on that tragic night of April 11th."

Despite the current rhetoric, the media magnates running RCTV as well as other opposition outlets like Venevisión and Globovisión demonstrated little concern for "free speech" when they supported this short-lived coup d'etat which immediately closed down the only media outlet representing the poorest majority of the population (as well as various community media outlets like Catia-TV).

Indeed, the very fact that RCTV will be free to continue cable and satellite broadcasts demonstrates that what is at issue is the privative use of a public good (see #2 above) rather than the "silencing" of a media outlet.

4) The gesture is "anti-democratic."

The claim that the non-renewal of RCTV's concession violates democratic norms is very much tied into those claims mentioned above, as it similarly invokes an indisputable "right" that private corporations have to a public good.

Speaking on Vive TV, influential Venezuelan intellectual Luis Britto García recently made clear that this is indeed a question of democracy, but one which runs contrary to the claims of the opposition media. The non-renewal of RCTV's concession is a step toward the democratization of the airwaves. What socialism could we be constructing, asked Britto, and especially what sort of democratic socialism, if access to the airwaves remained in the hands of a small oligopoly of magnates with international backers?

What could be more democratic than handing Channel 2 over to the 63 percent of Venezuelans who voted for Chávez? What could be more democratic than allowing RCTV workers to organize their own station? And what could be more democratic than allowing access to the airwaves for those traditionally excluded by the media oligarchy?

And, it should be mentioned, if we are speaking of "democracy," RCTV head Marcel Granier has little to say. After all, he and other media leaders actively participated in an anti-democratic and oligarchic coup against a repeatedly-confirmed democratic leader in April of 2002 (for an overview of the role of the media in the coup, see the film The Revolution Will Not Be Televised).

5) In short, this is an issue of "free speech."

In a recent statement, the head of the Organization of American States, José Miguel Insulza, criticized the Venezuelan government for undermining "the pluralism of the media." Despite recognizing that this is an issue of domestic juridical competencies, Insulza nevertheless felt comfortable arguing that the move "seems to be a form of censorship against the freedom of expression."

Hugo Chávez replied in trademark style: "Insulza is an idiot, from the 'i' to the 't'." The Venezuelan government has interpreted the OAS chief's words as an intervention into what is a sovereign issue, and has called for his resignation (we should bear in mind that Venezuela was among those nations who fought the hard battle to get Insulza confirmed for the position in the first place).

If there remained any doubt about the issue, about whether the non-renewal of RCTV's concession constitutes an attack on free speech, one need only follow the logic of such an argument. In a session of the National Assembly devoted to discussing Insulza's comments, an MVR deputy did just that, pointing out that the OAS head would have Venezuela restore other similar "concessions," specifically those traditionally granted to the multinational oil companies who had looted Venezuela for decades.

There is no qualitative difference between the two sort of concession: both have been traditionally and undemocratically granted to large corporations which have been given free rein to reap unlimited profits from what is undeniably a public good. No, this is not a question of "free speech," but rather in the words of Venezuelan foreign minister Nicolás Maduro, it's about "revoking the disgusting privileges of a communications oligarchy allied with international financiers."

George Ciccariello-Maher is a Ph.D. candidate in political theory at UC Berkeley. He lives in Caracas.

(CounterPunch.com - George Ciccariello-Maher)

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Actualité - Cuba’s Press Mulls New Challenges

The 8th National Festival of the Cuban Print Media came to a close Friday afternoon with a call for stepped up training of journalists in the new computer technologies and more effective use of the Internet to circulate Cuba’s reality and positions to combat the hostile international mass media.

Rolando Alfonso Borges, head of the Ideological Dept. of the Communist Party Central Committee, gave the closing speech. He praised the thoughtful and profound debates of the two previous days where the principal problems facing Cuban journalists were discussed in plenary panels and workshops.

Alfonso said that the Party has set as a priority to address the resource needs of the press, limited since the early 1990s as the country struggled to rebuild its economy.

"We need a press at the same height as the major transformations and needs of the Revolution," said Alfonso adding, "People must see their problems and concerns increasingly reflected in the media. For that to happen we need investigations, a wealth of language, and creativity with professional and political responsibility."

The nearly 400 members of the Cuban Journalists Association present approved a message of support and revolutionary commitment to President Fidel Castro, while wishing him a speedy recovery.

Friday’s session opened with a presentation by Eliades Acosta, director of the National Library, who suggested a richer use of language in tune with daily life in Cuba to achieve a better communication with the population. He also emphasized the need to make increased use of the numerous sources available like archives, libraries and the Internet to back up journalist’s arguments and unmask distortions of history that he said take place on a regular basis.

Later in the morning, several presentations were made on the quality and reach of the Cuban online press. The island’s media currently has 128 Internet sites, 34 of which belong to newspapers and local and national magazines. In graphics, the need was shown to seek ways to increase the visibility of the Cuban websites.

Using the Internet as a space to exercise social justice and spread knowledge was noted by the journalists as well as the current disadvantages and other limitations in access and computer technology facing the majority of the populations in the underdeveloped world.

Fidel Castro’s ideas on the Internet were highlighted. For decades the Cuban leader has spoken of the Internet as an opportunity for development, a sphere to influence culturally and politically and a means to defend against the wave of lies and misinformation campaigns.

Alfredo Nieves, from the Foreign Ministry website, noted the importance of the online Cuban sites in different languages as a way to extend the country’s positions to different regions of the world. He pointed also to the need of maintaining the websites updated on a daily basis.

Arnaldo Coro, of Radio Havana Cuba, emphasized the need for ongoing training programs to use the new technological tools to their potential and obtain greater presence on the Internet. Coro said journalists should also be aware of the past, current and future projections of the industry.

The event ended with the delivery of prizes, mentions and recognitions to the best Cuban publications in 16 categories.

Besides Rolando Alfonso Borges, Vice President Lazo and relatives of the Cuban Five who attended the closing session, the day’s debates were presided by Albrerto Alvarino and Angel Arzuaga, from the Central Committee Ideological Dept. and Tubal Paez, president of the Cuban Journalists Association.

(Granma)

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samedi, janvier 13, 2007

Actualité - Confused About Venezuela?

Over the past few days, major newspapers in the United States, such as The New York Times, The Washington Post, The Los Angeles Times and The Wall Street Journal, have published editorials aggressively and harshly criticizing recent declarations and decisions made by re-elected President Hugo Chávez and his cabinet. A large percentage of the content of these editorials, which reflect the viewpoints of the newspapers, are based on a distortion and misconception of new policies being implemented in Venezuela and the overall way government is functioning. In the Washington Post’s “Venezuela’s Leap Backward”, published on January 10, the editorial board intentionally and mistakenly portrays the recent presidential elections this past December in Venezuela as illegitimate and unfair. By falsely claiming that Chávez conducted a “one-sided campaign that left a majority of Venezuelans believing they might be punished if they did not cast their ballots for him”, the Post wants its readers to think Venezuelans who voted for Chávez did so under duress and fear. Nothing could be further from the truth. A majority of Venezuelans publicly express their sincere admiration and approval of President Chávez in an open and fearless way on a daily basis in this country. Most Venezuelans believe Chávez is the best president the nation has ever had, and statistics prove that his government has built more bridges, railroads, hospitals, clinics, universities, schools, highways and houses than any administration in the past. The Post editorial also attempts to downplay the “only 7 million votes” Chávez received, not mentioning that those seven million votes represent more than 63% of total votes – a landslide victory to the opposition candidate’s 37% - and that no president in Venezuelan history has ever, ever received such a large number of votes in an election.

The New York Times editorial, also published on January 10, attacks a recent statement made by President Chávez regarding the nationalization of one telephone company, CANTV, and an electric company. However the Times doesn’t explain that the CANTV is the only non-cellular telephone company in the country, giving it a complete monopoly on national land-line telecommunications and control over a majority of Internet service as well. Furthermore, the CANTV was privatized only in 1991, during the second non-consecutive term of Carlos Andrés Pérez a president later impeached for corruption who implemented a series of privatization measures, despite having run for office on a non-privatization platform just three years before. In fact, as soon as Carlos Andrés Pérez won office in 1988 after convincing the Venezuelan people he would not permit “neo-liberalism” on Venezuelan shores, he immediately began to announce the privatization of several national industries, including telecommunications, education and the medical and petroleum sectors. This deception led to massive anti-privatization protests during February 1989 during which the government ordered the armed forces to “open-fire” on the demonstrators and arrest and torture those not killed. The result was the “Caracazo”, a tragic scar on contemporary Venezuelan history that left more than 3,000 dead in mass gravesites and thousands more injured and detained. The re-nationalizing of Venezuela’s one landline phone company is a strategic necessity and an anti-monopoly measure necessary to ensure that Venezuelans have access to telecommunications service. (Take it from someone who lives here. You can’t even get a landline if it isn’t already installed in your residence. The waiting list is over 2 years and you have to bribe someone to actually do the job). And furthermore, the new Minister of Telecommunications, Jesse Chacón, announced that any company “nationalized” will be fully compensated for its shares and property at market value.

The third issue put forth in the editorials is the recent announcement by President Chávez that the license of private television station RCTV to operate on the public airwaves is up for review in May 2007 and most likely will not be renewed. The government has based its denial of the license renewal on RCTV’s lack of cooperation with tax laws, its failure to pay fines issued by the telecommunications commission, CONATEL, over the past twenty years, and its refusal to abide by constitutional laws prohibiting incitation to political violence, indecency, obscenity and the distortion of facts and information. The public airwaves, as in the case of the United States, are regulated by government. Television and radio stations apply for licenses from the telecommunications commission and are granted those licenses based on conditional compliance with articulated regulations. When a station does not abide by the requirements, it generally is fined and warned, repeatedly, until compliance is assured. In the specific case of RCTV, the station and its owner, multi-millionaire Marcel Granier, have refused to comply with the law and have continued to abuse and violate the clear and concise regulations that are supposed to guarantee Venezuelan citizens their constitutional right to “true and accurate information” (Article 58 of the Constitution).

RCTV’s owner, Marcel Granier, played a key role in the April 2002 coup d’etat against President Chávez and has used his station to engage in an ongoing campaign of anti-Chávez propaganda and efforts to destabilize the nation through distorting and manipulating information to create panic, apathy, fear and violence in Venezuelan society. The station’s clear violations of the telecommunications regulations and the Constitutional guarantees that protect freedom of speech and access to true and accurate information provide sufficient reason to deny the renewal of its license to use the public airwaves. Unlike the editorial board of the Los Angeles Times (Fidel Chávez?, January 11, 2007) mistakenly claims, Chávez and his government are not “shutting down” the private media station. RCTV can continue to operate on the private airwaves, i.e. cable and satellite television. As would be the case in any country where law and order are respected, RCTV will not receive a renewal on its license to remain on the public airwaves because it repeatedly violated the law during more than a decade.

Unfortunately, international groups that allegedly protect freedom of the press and of speech around the world, have fallen under the influence and manipulation of RCTV president Marcel Granier, who through his close relationship with Washington, is conducting a campaign to defend his station by user the banner of freedom and liberty. But consistent lawbreakers and coup leaders should not receive the support of international press watchdog groups and human rights defenders. Rather, those groups should praise the decision of the Venezuelan government to maintain the public airwaves in the hands of the public. The license so abused by RCTV will most likely be granted to various community and alternative media groups and stations in Venezuela that have emerged over the past few years as a result of the direct encouragement and support of the Chávez administration.

Finally, the editorials in the Post, the New York Times, the Los Angeles Times and the Wall Street Journal, all criticize President Chávez’s announcement to create a new political party in Venezuela: the United Socialist Party of Venezuela. The editorials inaccurately claim that Chávez will dissolve all political parties in the country and allow only one party to operate. This is a dangerous and false inference. What Chávez really declared was the formation of a new revolutionary party that would be open to all parties that support the revolution. There will be no closing down or abolishing of other political parties in the nation; they can all remain as they wish and those that choose to merger or support the new party can also freely do so. Furthermore, Chávez indicated that the reason for the designing of a new political party is to break free from the old corrupt hierarchical party structures of the past that concentrate power in the hands of few and exclude and ignore the vast majority of supporters. Chávez remarked that the new party he seeks to promote will be formed by grassroots community movements, and that there will be no power structures that isolate and marginalize constituents.

If you only read the US press, you must be very confused about Venezuela. The extreme levels of distortion, lack of fact checking and source verification and outright manipulation of information in the US media on Venezuela is quite troubling and dangerous in a nation that has waged wars based on false data and misleading policies.

(Venezuelanalysis.com - Eva Golinger)

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mardi, décembre 19, 2006

Actualité - La stratégie médiatique états-unienne 1945-2005

Les grands principes universalistes découlent rarement de considérations altruistes. Ils répondent davantage à des impératifs matériels. Il a en a été ainsi du principe de la liberté de la navigation brandie par l’Angleterre au XVIIe et XVIIIe siècles pour assurer sa suprématie maritime et partant son hégémonie commerciale à l’ensemble de la planète. Il en a été de même du mot d’ordre de libre-échange décrété par les pays occidentaux au XIXe et XXe siècles pour contraindre la Chine à écouler les marchandises occidentales sur son marché intérieur au nom de la « politique de la porte ouverte ». Il en sera de même du « principe de la liberté d’information » fermement défendu par les États-Unis, au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale pour assoir leur suprématie idéologique dans les quatre domaines qui conditionnent la puissance : politique, militaire, économique et culturel.

Dansleur bataille idéologique pour la conquête de l’imaginaire des peuples, gage essentiel de la pérennité d’une nation, les États-Unis développent un argumentaire reposant sur une double articulation, un argument intellectuel, le principe de la liberté de la circulation de l’information et des ressources, un argument pratique, le fait que les États-Unis soient la seule grande démocratie au monde à ne disposer ni d’un ministère de la culture, ni d’un ministère de la communication, preuve irréfutable, selon eux, d’un régime de liberté.

Présenté comme l’antidote absolu au fascisme et au totalitarisme, le principe de la liberté de l’information, constitue un des grands dogmes de la politique états-unienne de l’après-guerre, son principal thème de propagande. C’est une formidable machine de guerre qui répond à un double objectif. Briser, d’une part, le cartel européen de l’information, principalement le monopole britannique des câbles transocéaniques qui assure —via Cable and Wireless— la cohésion de l’Empire et confère une position de prépondérance à l’agence britannique d’information Reuter’s, accessoirement la prééminence de l’Agence française Havas, la future Agence France Presse (AFP) en Amérique latine, zone d’intérêt prioritaire des États-Unis.

Neutraliser, d’autre part, toute critique par l’élimination de toute concurrence européenne qui pourrait présenter les États-Unis en termes peu flatteurs aux lecteurs, l’image dévalorisée de l’Américain cow-boy mâcheur de chewing gum, ou plus grave la ségrégation raciale et les lynchages du Klu Klux Klan ou encore le grand banditisme de l’époque de la prohibition. Sous une liberté apparente perçait déjà le contrôle. Toute une littérature va théoriser ce principe de liberté de l’information et donner un habillage moral à une politique d’expansion [1].

William BentonL’un des plus éloquents théoriciens en la matière sera William Benton, ancien sous-secrétaire d’État du président démocrate Franklin Roosevelt, promoteur du « New Deal ». Benton qui présidera la prestigieuse publication Encyclopaedia Britannica, dès la fin de la Deuxième Guerre mondiale, invitera les États-Unis à « faire tout ce qui est en leur pouvoir » pour briser les barrières artificielles qui s’opposent à l’expansion des agences américaines privées, des magazines, des films et autres moyens de communication.

La liberté de la presse et la liberté de l’échange de l’information font partie intégrante de la politique étrangère états-unienne, soutient-il estimant que le contrôle mondial des communications favorise les débouchés d’exportation [2]. Sous les grands principes percent déjà des objectifs matériels.

Quant à l’argument pratique, l’absence de structure ad hoc de propagande, le fait est fondé, mais doit être nuancé. Certes il n’y a ni ministère de la culture ni ministère de la communication dans le gouvernement des États-Unis, mais, dans cette bataille idéologique, les États-Unis pratiquent, non l’attaque frontale mais l’entrisme, une stratégie de contournement périphérique, une diplomatie multilatérale instrumentalisant les organisations internationales à vocation universelle ou spécifique, doublée d’une diplomatie parallèle de ses agences spécialisées : la CIA (agence centrale du renseignement) et les Fondations philanthropiques pour le blanchiment des fonds [3].

Que ce soit l’ONU, L’UNESCO, le Conseil économique et social de l’ONU ou l’Organisation interaméricaine, toutes auront inscrit dans leur charte « le principe de la liberté de l’information ». Toutes, peu ou prou, auront fait office de tribune pour la propagation de la doctrine états-unienne de la libre circulation de l’information. Qu’on en juge. La chronologie suffit à fonder cette affirmation. En septembre 1944, le Congrès des États-Unis officialise cette politique par une motion proclamant « le droit mondial à l’information pour les agences qui recueillent et font circuler l’information, sans discrimination », un droit qui sera protégé par le Droit international public.

Cinq mois après la motion du Congrès, la Conférence interaméricaine de Mexico adopte à son tour une résolution sur le libre accès à l’information (février 1945), suivie quatre mois plus tard de la Conférence de San Francisco portant création de l’ONU (juin 1945), puis du Conseil économique et social de l’ONU qui inclue la résolution dans sa charte en février 1946. Puis, le principe de la liberté de l’information reçoit une consécration officielle lors de la première session de la conférence générale de l’UNESCO à Paris (novembre 1946), suivi un mois plus tard par l’Assemblée générale de l’ONU qui proclame « La liberté de l’information, droit humain fondamental, impliquant le droit de rassembler, de transmettre et de publier des nouvelles partout sans entraves » (14 décembre 1946). Le temps n’est pas encore au journalisme embedded, ombiliqué à l’armée, imbriqué aux sources de l’administration, pratiqué lors de l’invasion anglo-saxonne de l’Irak en 2003, pour des raisons de « sécurité nationale ».

En deux ans, la structure de la diplomatie multilatérale de l’après-guerre est verrouillée par ce principe. Les États-Unis réussissent à le faire figurer dans la charte des cinq grandes organisations internationales (ONU, UNESCO, ECOSOC (Conseil Economique et Social), Organisation interaméricaine et l’Assemblée générale de l’ONU). L’ONU compte à l’époque cinquante cinq membres, le quart du nombre actuel avec une majorité automatique pro-occidentale composée de pays européens et latino-américains sous la férule états-unienne. Tous les grands États du tiers-monde en sont absents. La Chine continentale est boycottée au profit de Taiwan, l’Inde et le Pakistan, les deux nouvelles puissance nucléaires d’Asie sont sous domination anglaise de même que le Nigeria et l’Afrique du Sud, les deux géants de l’Afrique, nouveaux candidats au titre de membres permanents du Conseil de sécurité des Nations Unies, tandis que le Maghreb et l’Afrique occidentale se trouvent, eux, sous contrôle français.

Les États-Unis, qui disposent pendant une quinzaine d’années d’une majorité automatique, ne la dénigrent que lorsqu’elle rejoint le camp adverse, le bloc neutraliste soutenu par le camp soviétique. Elle refuse en conséquence de verser sa cotisation pendant une dizaine d’années.

Le déploiement sur le théâtre euro-méditerranéen

Ce corpus doctrinal est animé par le Congrès pour la liberté et la culture doublé sur le terrain d’une structure d’appoint de propagation thématique en application d’une stratégie de maillage planétaire dite de « global connexion » constitué d’un réseau enchevêtré de radios profanes, de radios religieuses et de publications périodiques animées par des prestigieuses personnalités sur les principaux théâtres de la confrontation Est-Ouest, avec un ciblage particulier sur l’ensemble arabe

Le Congrès pour la liberté et la culture (1950-1967)

Fer de lance de la guerre idéologique anti-soviétique, le Congrès est constitué d’un rassemblement hétéroclite de transfuges du bloc soviétique, d’intellectuels occidentaux, anciens compagnons de route du Parti communiste ou de simples intellectuels épris de reconnaissance sociale ou de bien être matériel [4]. Sa propagande vise tout autant à dénoncer le matérialisme marxiste qu’à sensibiliser les esprits, sur le plan du conflit du Proche-Orient, à un arrimage d’Israël au système d’alliance du monde occidental.

Ponctionnant 5 % du budget du Plan Marshall, soit près de 200 millions de dollars par an, le Congrès finance la publication de dizaines d’ouvrages au succès retentissant notamment New Class, une étude sur l’oligarchie yougoslave réalisée par le dissident anti-Tito et Docteur Jivago de l’écrivain russe Boris Pasternak ou encore L’Art de la Conjecture du royaliste français Bertrand de Jouvenel.

Parmi les principaux animateurs du Congrès figuraient ainsi Sol Lovitas, ancien collaborateur de Léon Trotski, le fondateur de l’Armée Rouge, désormais recyclé à la tête de l’influente revue Partisan Review, Nicolas Nabokov, fils du musicien Vladimir Nabokov ainsi que de l’écrivain Arthur Koestler, dont la CIA assure la promotion de son livre-culte Le Zéro et l’Infini achetant en sous main plusieurs dizaines de milliers d’exemplaires pour en faire un succès de librairie avec les retombées éditoriales inhérentes. Ce qui fait la gloire de cet ancien communiste hongrois, ancien kibboutznik israélien qui se suicide à Londres, point ultime de son parcours cahoteux.

Le Congrès complète son travail de pénétration par un maillage éditorial sur tous les continents, finançant l’édition de quinze publications aux avants postes de la Guerre froide. En France, le Congrès bénéficie notamment du relais de deux institutions : Force ouvrière (FO), la formation syndicale dissidente de la CGT (Confédération générale du travail), la principale centrale ouvrière communiste française de l’époque, et l’équipe du journal conservateur Le Figaro autour de Pierre Brisson, ami du sociologue Raymond Aron [5] et de Nicolas Nabokov ainsi que du concours d’André Malraux, ancien ministre de la culture de Charles de Gaulle.

Annie Kriegel, éditorialiste du Figaro, passe ainsi de l’ultra-stalinisme à l’ultra-sionisme sans le moindre sas de décompression, trouvant dans ce quotidien une tribune appropriée à ses nouvelles diatribes anticommunistes, à la mesure des panégyriques passés en faveur de la « Patrie des travailleurs ». Épousant un cheminement intellectuel analogue, son neveu par alliance, Alexandre Adler, lui succède trente ans plus tard dans cette même fonction tribunicienne au sein de ce même journal, fustigeant à longueur de colonnes le nouvel ennemi public universel le « fascisme vert », que son collègue éditorialiste Yvan Rioufol désigne par le terme stigmatisant de « nazislamisme » [6]

Outre Annie Kriegel, deux autres personnalités se sont distinguées dans ce dispositif pendant un demi-siècle par leur rôle prescripteur de l’opinion occidentale particulièrement à l’égard du conflit israélo-arabe et de la question palestinienne : Walter Laqueur et Claire Sterling [7]. Natif de Pologne, en 1921 à Breslau (Wroclaw actuellement), naturalisé anglais, collaborateur de la revue Commentary et de The Public Interest fondé par son ami Irwing Kristoll, père de William Kristoll junior, un des théoriciens du néo-conservatisme de l’administration George Bush Jr. lors de la guerre d’Irak (2003) et de « la destinée manifeste des Etats-Unis », Walter Laqueur représente à Tel-Aviv pendant toute la durée des 17 ans de son fonctionnement le Congrès pour la liberté et la culture. Il contribue largement à cimenter un partenariat stratégique entre Israël et le « Monde libre », notamment les États-Unis et l’Europe occidentale à travers une série d’ouvrages répercutés par l’ensemble du réseau des quinze publications du Congrès sur tous les continents. En Europe, notamment à Berlin et Vienne, les deux lieux de transit privilégiés du monde interlope des transfuges, des exfiltrés et des agents double, à Rome, siège du parti communiste le plus important d’Europe occidentale, le Parti communiste italien animé par des dirigeants de légende tels Palmiro Togliatti et Enrico Berlinguer, ainsi qu’à Beyrouth, traditionnelle caisse de résonance des turbulences arabes, via une publication en langue arabe Al-Hiwar (Le Dialogue) qui assure la propagation des thèses du Congrès à destination de l’ensemble arabo-musulman.

Auteur de plusieurs ouvrages notamment La Génération Exodus , Mourir pour Jérusalem, « La Tentation neutraliste, Walter Laqueur co-préside, à 85 ans, le Conseil de la recherche internationale rattaché au CSIS de New York [8]. Ses plus récents écrits portent sur la nouvelle thématique idéologique de ses amis néo-conservateurs : Une Guerre sans fin, le terrorisme au 21ème siècle, ainsi qu’un ouvrage dont l’ambition cachée est de faire le tour de la question sur l’un de sujets d’actualité les plus violemment controversés de l’époque contemporaine : Les Voix de la terreur : manifestes, écrits, Al-Qaïda, Hamas et autres terroristes à travers le monde, à travers les âges.

Claire Sterling, (1918-1995), trône, elle, pendant un demi-siècle sur le Reader’s Digest, l’un des principaux vecteurs souterrains de la guerre culturelle menée par les services états-uniens. Grande théoricienne de la criminalité transnationale, elle assume une fonction de diversion, pratiquant avec un art consommé la « technique de l’enfumage », poussant des contre-feux médiatiques pour détourner l’attention sur les propres turpitudes de son camp.

Elle s’applique ainsi à dénoncer régulièrement la pieuvre mafieuse [9], pour mieux occulter l’une des plus grande entreprises criminelles du monde, le système Clearstream, système de compensation bancaire du Luxembourg chargé du blanchissement des opérations douteuses des grandes démocraties occidentales [10] ou encore pour occulter l’instrumentalisation de la commercialisation de la drogue pour le financement des opérations clandestines des services états-uniens en Amérique latine.

Diffusé en dix sept langues dans 160 pays, le Reader’s Digest popularise les analyses de Claire Sterling autoproclamée grande spécialiste du terrorisme moyen-oriental dans son ouvrage The terror network (Le Réseau terroriste) », exerçant de ce fait une sorte de monopole de l’intimidation par l’expertise [11]. Sous couvert de professionnalisme, Claire Sterling et Walter Laqueur auront alimenté régulièrement les revues spécialisées subventionnées par la CIA de chroniques dont le contenu est puisé directement auprès de leur bailleur de fonds.

Préfiguration de l’endogamie contemporaine entre pouvoir politique et pouvoir médiatique, le Congrès pour la Liberté et la Culture pratique à grande échelle l’autolégitimation d’une pensée homogénéisée où l’expert ne se reconnaît pas à la qualité de ses recherches mais à sa fréquentation assidue des forums médiatiques ; où l’intellectuel décrété comme tel mène une réflexion conforme à la politique éditoriale des médias dont il est l’invité précisément afin d’accréditer la pensée qu’ils propagent.

À coups de manipulation, de falsifications, de prévarications, une large fraction de l’élite intellectuelle occidentale aura ainsi sombré dans les travers qu’elle dénonce aujourd’hui comme étant l’une des plaies du tiers-monde. De l’autopromotion des experts à l’autosuggestion des thèmes, à l’intimidation par une prétendue expertise, « l’Amérique », héraut du « Monde libre », aura utilisé avec les complicités européennes et la vénalité de certains leaders d’opinion contre le totalitarisme, les méthodes mêmes du totalitarisme.

Les radios profanes : un tir de saturation

Le dispositif médiatique mis en place pour mener de pair le combat contre le communisme, sur le plan international, et le combat contre l’athéisme, sur le plan arabo-musulman, répond à un objectif qui relève dans la terminologie militaire du « tir de saturation tous azimuths ». Si sur le plan idéologique, Radio Free Europe est au premier rang des instruments de la guerre psychologique contre le bloc soviétique en sa qualité de principal retransmetteur de la production intellectuelle du Congrès pour la liberté et la culture », Voice of America est, quant à elle, le vecteur d’accompagnement de la diplomatie états-unienne, alors que les radios religieuses font office de levier de sensibilisation des groupes ethnico-communautaires de confession chrétienne dans la zone euro-méditerranéenne.

Par l’entremise de Radio Free Europe, l’es États-Unis assurent une pleine couverture de l’Europe orientale et des républiques musulmanes d’Asie centrale, servant d’amplificateur aux débats et grandes manifestations artistiques ou culturelles, les éditoriaux et analyses confectionnés dans les publications satellites. Soutenue intellectuellement et matériellement par la puissante Freedom House [12] , bras armé de la propagande gouvernementale et de la droite conservatrice internationale, Radio Free Europe Radio liberty Inc, basée à Prague (République tchèque), dipose pendant 40 ans de cinq sites d’émission en Europe, dont trois en Allemagne et de 54 fréquences. Radio Free Europe a un prolongement sur le continent latino-américain Radio TV Marti (anti-cubaine) et en Asie, Radio Free Asia.

Avec Voice of America (VOA), ces trois vecteurs relèvent au sein de l’administration américaine de l’International Broadcasting Bureau (IBB), disposant de vingt sites de retransmission dans le monde dont trois dans les pays arabes (Maroc, Koweït, Émirats Arabes Unis) ainsi qu’en Albanie, en Grèce, au Sri Lanka, en Allemagne, au Portugal et en Espagne.

Voice of America est le premier vecteur trans-régional en termes de puissance. Il dispose pour le secteur Méditerranée-Océan Indien de 24 émetteurs totalisant une puissance de feu inégalée de 9.100 KW et de 83 fréquences réparties sur trois sites d’émission. Deux d’entre eux (Rhodes et Kavala (nord de la Grèce) sont destinées au secteur Moyen-Orient/Asie Centrale, le troisième, Tanger, pour le Maghreb, les Balkans et la Méditerranée occidentale. Ce dispositif est complété par deux retransmetteurs installés dans deux principautés pétrolières, le Koweit et les Émirats Arabes Unis. À cela s’ajoutent les nouveaux vecteurs crées à l’occasion de la Deuxième Guerre contre l’Irak en 2005, Radio Sawa (Ensemble), la chaine de télévision Hurra (Libre). Toujours en Méditerranée, les États-Unis aménagent, tant en Italie qu’en Grèce, deux centres régionaux radiophoniques pour la production des programmes à l’intention des troupes stationnées dans le cadre de l’OTAN, à Héraklion (Grèce), siège de l’Armed Forces Radio and TV Service Air Force European Broadcasting Squadron et à Vicenza (Italie), siège du Southern European Broadcasting Service.

Le Congrès fonctionne pendant dix sept ans jusqu’à la Troisième Guerre israélo-arabe de juin 1967. Il passe ensuite la main aux prédicateurs électroniques dont le zèle prosélyte va se conjuguer au lobbying de la politique sioniste des organisations juives états-uniennes pour conduire Washington à s’engager dans un soutien sans faille à Israël. États-uniens et Israéliens s’appliquent alors à promouvoir une « idéologie des Droits de l’Homme », selon l’expression de l’historien Peter Novick [13], comme arme de combat contre le totalitarisme communiste, dans un premier temps, contre le totalitarisme islamique, dans un deuxième temps, après l’effondrement du bloc soviétique.

Le prosélytisme religieux : les prédicateurs électroniques

Aux radios profanes se sont superposées une vingtaine de grandes corporations radiophoniques religieuses disposant de moyens financiers et techniques sans équivalent dans les deux tiers des pays de la planète, dont les motivations ne paraissent pas toujours répondre à des considérations exclusivement philanthropiques.

S’appliquant à porter quotidiennement la « Voix du Seigneur » à travers le monde dans l’espoir problématique de gagner de nouvelles ouailles à la cause de leur propre dieu, ces prédicateurs électroniques nourrissent une prédilection particulière pour les foyers de tension (Sud du Liban, Sud du Soudan) et les minorités ethnico-religieuses des pays fragilisés par les dissensions intestines (Arméniens, Kurdes, Berbères) et, depuis l’invasion de l’Irak, en 2003, pour le nord kurdophone irakien. Tel est le cas de IBRA Radio (International Broadcasting Radio) qui anime au Moyen-Orient vers le Sud du Liban et la zone frontalière libano-israélienne une antenne locale onde courte pour les émissions de la station High Adventure alors que le Sud du Soudan, peuplé de chrétiens et d’animistes en rébellion contre le gouvernement islamique de Khartoum, est alimenté par les programmes de “Radio Elwa”, dirigée depuis Monrovia (Libéria) par des missionnaires anglo-saxons.

Au premier rang de ces corporations radiophoniques se place Trans World Radio (TWR), suivie d’Adventiste World Radio (AWR), FEBA Radio, IBRA Radio, WYFR-Family Radio, Monitor Radio et Nexus IBD. À l’exception de Radio Vatican (1555 KW, 36 fréquences, 33 langues) et d’une minuscule radio orthodoxe, Radio Trans Europe, toutes les grandes radios religieuses sont d’inspiration anglo-saxonne.

Toutefois par son ampleur et ses capacités, Trans World radio (TWR) constitue la première radio planétaire transfrontière de surcroît religieuse. Pionnière en la matière, TWR assure des émissions en 100 langues dans des idiomes négligés par les majors occidentales, dont elle apparaît dans les nouvelles terres de mission, les zones d’évangélisation d’Afrique et d’Asie, comme un utile instrument d’appoint. Disposant de neuf relais terrestres dont cinq en Europe (Albanie, Monaco, Pays-Bas, Chypre et Russie) deux en Asie (Ile de Guam et Sri Lanka) un en Afrique (Swaziland) et un en Amérique latine (Uruguay), TWR gère les émissions des trois sites méditerranéens (Albanie, Monaco et Chypre) depuis Vienne (Autriche) et aligne, rien que pour l’Europe, une puissance substantielle (1500 KW, 14 fréquences et des émissions en 30 langues), supérieure à bon nombre de radios occidentales. Vers la rive sud de la Méditerranée, TWR assure des émissions en 21 langues dont le Kurde, le Berbère, ainsi que les langues des pays méditerranéens. À Chypre, à la suite des programmes de RMC Moyen-Orient et à partir des antennes de la radio française [14], TWR assure des émissions religieuses nocturnes en trois langues (Arabe, Farsi, Arménien) sur ondes moyennes en direction des principaux pays musulmans. À travers les sites de Remoules (Sud de la France) et de Cap Greco (Chypre), grâce à sa coopération avec RMC France et RMC-MO, TWR jouit d’un avantage incomparable celui d’émettre en ondes moyennes lui assurant un bon confort d’écoute dans une zone qui abrite le centre historique de l’Islam et les principales réserves énergétiques mondiales. Deux autres radios religieuses participent de ce verrouillage médiatique : Adventist World Radio (AWR) et FEBA (Far East Broadcasting Association-Missionary) : Adventist World Radio dispose, pour sa part, pour l’Europe de 16 fréquences pour des émissions en 17 langues dont l’arabe (5 heures), l’anglais (6 heures dont 3 vers le Moyen-Orient), le français (5 heures en direction du Maghreb et de l’Afrique), le Farsi (2H), l’Urdu et le Hindi (2 heures chacun).

À titre indicatif, les radios religieuses anglo-saxonnes assurent 9 000 heures de programmes par mois, soit près de 10 fois plus que Radio Le Caire, le principal vecteur arabe du plus grand pays arabe, l’Égypte, qui abrite la plus forte densité de population (75 millions). En comparaison, The Friend of Israël Gospel Ministry, Église baptiste états-unienne, diffuse des émissions en faveur d’Israël sur 700 stations états-uniennes et publie la revue Israël My Glory dans 151 pays, collectant, rien qu’en 2005, des dons d’un montant de 8,5 millions de dollars en faveur de l’État hébreu [15].

À journées faites, sans interruption, et rien qu’en Méditerranée, pas moins de 2500 KW diffusent des programmes sur une vingtaine de fréquences dans toutes les langues du puzzle humain de la sphère arabo-musulmane, sans parler naturellement de Radio Vatican, la radio officielle de la chrétienté catholique. Relayant en programmes religieux les émissions profanes des vecteurs internationaux, les médias des grandes corporations religieuses optimisent ondes et fréquences saturant comme pour l’aseptiser de toute pollution anti-occidentale l’espace hertzien au point de donner l’impression à un passager d’un vol de nuit d’être propulsé aux confins du Paradis, bercé par Le Cantique des cantiques. Longtemps avant l’émergence des fedayins palestiniens dans le paysage arabe, bien longtemps avant Oussama Ben Laden, bien des décennies avant la désignation du « péril islamiste » comme la menace majeure du XXIe siècle, quotidiennement, invariablement, inlassablement, telle une symphonie pastorale s’élançant des îles de la Méditerranée vers l’espace arabo-musulman, les incantations divines de la liturgie occidentale avec une méticulosité monacale.

En tout temps, en tout lieu, en toute langue, l’aspersion est continue, l’intensité diluvienne. Sans exception, toutes les îles au nom si évocateur de paradisiaques vacances : Chypre, Malte, Rhodes, la Crête, la Sicile, toutes sont mobilisées pour prêcher la bonne parole. Toutes y compris le promontoire de Gibraltar et la sérénissime enclave de Monaco. De quoi combler d’aise le souverain marocain très sourcilleux sur les croyances de ses fidèles sujets, justifier les imprécations des Algériens contre le parti de l’étranger ou celles des théologiens de Qom contre le « Grand Satan états-unien » ou celle des islamistes salafistes sur « une nouvelle croisade occidentale ». Ainsi se nourrit l’imaginaire collectif des populations exacerbées.

Notes

[1] Parmi les ouvrages préconisant la liberté d’information, citons Barriers Down (Abattre les frontières) de Kent Cooper, directeur exécutif de l’agence états-unienne Associated Press, Farrar & Rinehart éd., 1942, ainsi que la contribution de James Lawrence Fly, président de la Federal Communications Commission (équivalent états-unien du CSA français) « A free flow of news must link the nations », Free World, Volume VIII, Août 1944. Bibliothèque du Congrès.

[2] « La propagande culturelle au service des Affaires », Herbert Schiller, professeur à l’Université de Californie à San Diégo, in Manière de voir n°47 (Cinquante années qui ont changé notre Monde), avril -mai 2004.

[3] « La Fondation Ford, paravent philanthropique de la CIA » et « Pourquoi la Fondation Ford subventionne la contestation » par Paul Labarique, Réseau Voltaire, 5 et 19 avril 2004.

[4] « Quand la CIA finançait les intellectuels européens » par Denis Boneau, Réseau Voltaire, 27 novembre 2003.

[5] « Raymond Aron, avocat de l’atlantisme » par Denis Boneau, Réseau Voltaire, 21 octobre 2004.

[6] « Choc des civilisations : la vieille histoire du « nouveau totalitarisme » » par Cédric Housez, Réseau Voltaire, 19 septembre 2006.

[7] - Manufacturing Consent : The Political Economy of the Mass Media par Noam Chomsky, linguiste et philosophe, professeur au Massachusetts Institute of Technology (MIT) et Edward S. Herman. Version française : La Fabrique de l’Opinion publique, Le serpent à Plumes éd., 2003.

[8] « CSIS, les croisés du pétrole », Réseau Voltaire, 6 juillet 2004.

[9] La Pieuvre. La mafia à la conquète du monde, 1945-1989 et Pax mafiosa, les multinationales du crime vont-elles s’emparer du pouvoir mondial ?, Robert Laffont éd., 1990 et 1993.

[10] Révélation$ par Denis Robert et Ernest Backes, Les Arènes éd., 2001. M. Backes a été administrateur du Réseau Voltaire.

[11] Who paid the piper par par Frances Stonor Saunders, productriuce de documentaires historiques pour la BBC, Granta Books éd., 1999. Version française : Qui mène la danse ? La Cia et la guerre froide culturelle, Denoël éd., 2003.

[12] « Freedom House : quand la liberté n’est qu’un slogan », Réseau Voltaire, 7 septembre 2004.

[13] Holocaust and Collective Memory par Peter Novick, Bloomsbury Publishing éd., 2001. Version française : L’Holocauste dans la vie américaine, Gallimard éd., 2001.

[14] « L’audiovisuel extérieur français : cahoteux, chaotique et ethniciste » par René Naba, Réseau Voltaire, 6 décembre 2006.

[15] « Evangelized foreign policy ? » par Howard LaFranchi, The Christian Science Monitor, 2 mars 2006. Version française : « Quand les évangéliques dictent la politique étrangère américaine », Le Courrier International, n°803 du 23 mars 2006.

(Réseau Voltaire - René Naba)

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lundi, décembre 11, 2006

Actualité - Royaume-Uni : 1600 terroristes, zéro doute

Le 10 novembre 2006, la BBC a relayé les déclarations de Dame Eliza Manningham-Buller, directrice générale du MI5, le service de contre-espionnage, concernant « la menace terroriste » au Royaume-Uni. La presse quotidienne nationale a immédiatement repris ces affirmations, sans les vérifier ou les remettre en question. Les déclarations d’Eliza Manningham-Buller ont pourtant de quoi laisser dubitatifs.

La directrice du contre-espionnage affirme en effet, que, depuis les attentats du 7 juillet 2005, Al Qaïda recruterait de jeunes musulmans britanniques et que cette population serait désormais particulièrement perméable à la propagande « jihadiste ». Dame Manningham-Buller assure que : « De plus en plus de gens passent de la sympathie passive au terrorisme actif via la radicalisation et l’endoctrinement par des amis, des membres de la famille, des évènements organisés ici ou à l’étranger, par des images à la télévision, via des tchats ou des sites sur Internet ». On ignore quel sont les éléments permettant de juger que quelqu’un est devenu un « terroriste actif » tant qu’il n’a pas commis d’attentat ou qu’il n’en prépare pas un. Et s’il prépare un attentat pourquoi n’assiste-t-on pas à des interpellations au Royaume-Uni ? Dame Manningham-Buller n’ayant requis aucune arrestation, on suppose donc que soit elle ne dispose pas d’information sur les groupes terroristes (dans ce cas, comment peut-elle affirmer que leur nombre augmente ?) soit elle est sur le point de les arrêter (mais pourquoi faire cette annonce avant ?). Cette contradiction ne l’empêche pas de donner des chiffres particulièrement précis : Pour elle, ce sont 1 600 personnes dans 200 cellules terroristes préparant 30 complots pouvant faire des dégâts considérables qui se trouvent au Royaume-Uni. Notons également que dans ces déclarations, elle lie implicitement Al Qaïda aux attentats du 7 juillet 2005 alors que Scotland Yard a affirmé qu’il n’existait pas de liens entre l’organisation d’Oussama Ben Laden et cet événement.

Les doutes autour de la réalité du « complot déjoué » cet été à Londres et les effets dramatiques dignes d’un bateleur de foire employé par la dirigeante du MI5 (« Ce que je veux dire par nombreux [complots] ? Cinq ? Dix ? Non, presque 30. ») auraient pu amener la presse britannique à davantage de circonspection. Mais, non seulement la plupart des grands titres n’ont pas émis le moindre doute, mais certains, tel le Daily Telegraph, surenchérissent. Ainsi le quotidien conservateur titre son article : « Les terroristes recrutent dans nos écoles, déclare la patronne du MI5 » (« Terrorists are recruiting in our schools, says MI5 boss ») alors que Mme Manningham-Buller n’a jamais rien dit de tel, se contentant d’évoquer la radicalisation de certains adolescents.

D’ores et déjà, les déclarations du MI5 font le tour de la planète et Le Monde, dans son édition datée du 11 novembre 2006 affirme en titre : « Une trentaine de complots terroristes en préparation au Royaume-Uni » sans prendre la moindre précaution ou vérification d’usage.

(Réseau Voltaire - Cédric Housez)

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Actualité - CNN et « l’ennemi musulman »

Le 7 novembre 2006, lors des élections de mi-mandat, les électeurs du Minnesota ont élu le démocrate Keith Ellison à la Chambre des représentants états-unienne. La particularité de ce résultat est que M. Ellison est le premier musulman à être élu au Congrès. Or, dans un pays où l’appartenance religieuse est considérée comme un élément de la vie publique et où le gouvernement a construit médiatiquement la figure « du » musulman-terroriste, cette élection n’est pas neutre. C’est pourquoi le député du Minnesota a été sommé de prouver sa fidélité aux États-Unis dans une interview diffusée sur CNN. Ainsi, le journaliste Glenn Beck a demandé au nouvel élu : « Ok, ne vous offusquez pas et je connais des musulmans. J’apprécie les musulmans. J’ai été dans des mosquées. Je ne crois vraiment pas que l’islam est une religion maléfique. Je… vous le savez bien… Je crois qu’elle a été détournée, très franchement. Mais tout en disant ça, vous êtes un démocrate. Vous dites « Il faut partir [d’Irak] » et je dois vous demander, je suis nerveux de faire cette interview avec vous à cause de ce que je ressens en vous disant ça : « Monsieur, prouvez-moi que vous ne travaillez pas avec nos ennemis ». »

Passons sur les circonvolutions politiquement correctes qui précèdent la question en elle-même et sur ce qu’elles révèlent ou non de la gêne réelle ou de façade du présentateur. Cette question est avant tout l’illustration du climat intellectuel qui réside actuellement aux États-Unis. Aujourd’hui, même si des précautions d’usage sont encore de rigueur quand on la pose (et ces précautions ne sont peut-être d’usage qu’avec un élu), la fidélité des citoyens musulmans aux États-Unis apparaît comme une question qu’il est nécessaire de poser. Dans les représentations médiatiques post-11 septembre, chaque musulman est devenu un allié potentiel « du » terrorisme et le sophisme de Daniel Pipes (« Tous les musulmans ne sont pas des terroristes mais tous les terroristes sont musulmans ») fait partie intégrante de la réflexion des figures des médias états-uniens.

Dans un tel contexte, la réponse de M. Ellison, toute en langue de bois patriotique, importe peu. Ce qui compte, c’est que la question ait été posée et que l’interrogation apparaisse donc comme légitime (d’ailleurs, le nouvel élu ne s’insurge pas). L’industrie du divertissement a posé de longue date l’image du musulman/arabe ennemi, les néoconservateurs la martèlent et, aujourd’hui, les médias mainstream posent ouvertement la question de la « double allégeance » de leurs concitoyens musulmans.

La question posée par M. Beck est la confirmation de l’état d’avancement du processus de diabolisation des musulmans aux États-Unis et de l’unanimisme des élites états-uniennes autour d’idéologie post-racialiste du « Choc des civilisations ».

(Réseau Voltaire - Cédric Housez)

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dimanche, novembre 19, 2006

Actualité - Miami et la corruption de la profession journalistique

Rarement évoquée dans les médias dominants, la corruption de journalistes est pourtant au cœur de la plupart des campagnes de propagande. Les campagnes de dénigrement contre Cuba ne font pas exception. En septembre 2006, un scandale impliquant 50 journalistes stipendiés pour diaboliser le régime castriste a éclaté. D’abord licenciés par leurs employeurs, certains ont déjà été réintégrés sous la pression de l’extrême droite cubaine. Salim Lamrani revient sur cet épisode caractéristique du traitement de l’information contre « les ennemis de l’Amérique ».

Miami est décidément une ville bien particulière, unique sur le territoire états-unien. L’immense majorité de ses institutions, des services de police, en passant par la presse et jusqu’aux pompiers, sont sous le contrôle d’une minorité extrémiste d’origine cubaine extrêmement puissante. L’objectif avoué de ce secteur très influent, descendant de l’oligarchie pré-révolutionnaire, est de renverser, par tous les moyens, le gouvernement de La Havane.

Le dernier scandale en date a éclaté en septembre 2006 quand il a été découvert que près de 50 journalistes de l’État de Floride, dont trois du journal El Nuevo Herald, recevaient de manière régulière des émoluments de la part du gouvernement fédéral en échange d’une participation dans les programmes de Radio et TV Martí où ils étaient chargés de promouvoir la propagande anti-cubaine de Washington. Les programmes de ces deux médias publics, dotés d’un budget annuel de 37 millions de dollars et destinés à « accélérer la fin du régime castriste », sont uniquement transmis vers Cuba car la législation anti-propagande états-unienne interdit leur diffusion sur le territoire national [1].

Les trois journalistes du quotidien El Nuevo Herald, M. Pablo Alfonso qui a reçu pas moins de 175 000 dollars depuis 2001, M. Wilfredo Cancio Isla stipendié à hauteur de 15 000 dollars durant les cinq dernières années, et Mme Olga Connor dont le chèque s’élève à 71 000 dollars, s’occupaient de la section « Cuba » du journal. Ils ont tous été licenciés par le Miami Herald dont ils dépendaient. Leur entreprise leur reprochait d’avoir gravement failli à l’éthique journalistique. En effet, en acceptant de dépendre financièrement du gouvernement états-unien, ces derniers entraient dans un conflit d’intérêts évident et se trouvaient dans l’impossibilité de faire preuve d’impartialité et d’objectivité dans le traitement de l’information [2].

M. Jesús Díaz Jr., président et rédacteur en chef du l’entreprise The Miami Herald Media Company à laquelle appartient El Nuevo Herald, a exprimé sa profonde déception et a regretté que ses professionnels de l’information aient violé « la confiance sacrée » qui lie le public et les journalistes. « Je ne crois pas que nous pouvons garantir l’objectivité ni l’intégrité si l’un de nos reporters reçoit une compensation monétaire de n’importe quelle entité […], surtout s’il s’agit d’une agence du gouvernement », a-t-il souligné [3].

Plusieurs autres journalistes recevaient une rémunération de la part du Bureau des transmissions vers Cuba parmi lesquels Mme Helen Aguirre Ferré et M. Ariel Remos du Diario Las Américas, M. Miguel Cossío, directeur de l’information du Canal 41, M. Juan Manuel Cao également journaliste du Canal 41, Mme Ninoska Pérez Castellón de Radio Mambí et M. Carlos Alberto Montaner, chroniqueur de El Nuevo Herald [4].

Le gouvernement cubain a longtemps dénoncé que certains journalistes du sud de la Floride étaient stipendiés par le gouvernement des États-Unis. Le cas du reporter Juan Manuel Cao, qui a reçu près de 11 400 dollars de la part de TV Martí, est apparu dans les médias au mois de juillet 2006 quand ce dernier a vigoureusement questionné le Président cubain Fidel Castro, lors d’une conférence de presse en Argentine. La réponse du Comandante avait alors fusé : « Qui vous paye donc pour poser ce genre de questions ? ».

Beaucoup d’experts en éthique journalistique, tel que M. Iván Román, directeur exécutif de l’Association national des journalistes hispanophones, ont dénoncé ce conflit d’intérêts aussi grave qu’inacceptable. « Il y a une limite que les journalistes ne doivent pas franchir », a-t-il déclaré. M. Jon Roosenraad, professeur de journalisme à l’Université de Floride s’est penché sur ce cas d’école. « C’est comme si un reporter économique travaillait à temps partiel […] pour une entreprise locale durant ses heures libres et retournait à son journal le lendemain pour écrire sur ‘son’ entreprise », a-t-il noté [5].

Ce n’est pas la première fois que le gouvernement états-unien rémunère grassement des journalistes pour qu’ils promeuvent leur agenda politique. En 2005, la Maison-Blanche avait soudoyé le célèbre journaliste Amstrong Williams à hauteur de 240 000 dollars, afin qu’il défende, dans son programme télévisé diffusé à travers tout le pays, la loi de réforme de l’éducation [6].

M. Robert Beatty, vice-président en charge des affaires publiques de la Miami Herald Media Company s’est montré intransigeant et catégorique : « L’éthique du journalisme ne peut souffrir d’interprétations à géométrie variable. Lorsque nous sommes au courant de tels agissement, nous réagissons avec fermeté ». Pour lui, l’indépendance du journalisme ne pouvait être souillée par la propagande gouvernementale [7].

Mais M. Beatty avait sous-estimé la puissance et le pouvoir de coercition de l’extrême droite cubaine qui contrôle la vie politique et économique de Miami. En effet, suite à de fortes pressions, des menaces de boycott et d’autres actions plus radicales, les propriétaires du Miami Herald ont décidé de réembaucher les trois journalistes remerciés, et de fermer les yeux sur la découverte dans leur entreprise de six autres reporters qui s’étaient rendus coupables des mêmes méfaits [8].

Cette décision spectaculaire a entraîné la démission de M. Jesús Díaz Jr., qui a décidé de tirer les conséquences de ce revirement. Le président du journal a considéré pour sa part que le fait de servir les intérêts d’un gouvernement constituait « une violation des principes d’éthique journalistique largement acceptés ». Il a été remplacé par M. David Landsberg dont le premier acte a été de déclarer que l’entreprise n’accepterait plus ce genre de pratique à l’avenir [9].

Ce n’est pas la première fois que le Miami Herald courbe l’échine et cède face au chantage et aux menaces de la droite radicale de Miami, par crainte de représailles. Dans les années 1990, le journal s’était plié aux exigences de Jorge Mas Canosa qui avait alors lancé la campagne « Je ne crois pas au Herald ». L’ancien président de la Fondation nationale cubano américaine, une organisation extrémiste impliquée dans le terrorisme international, avait menacé le journal de boycott et d’actions d’envergure s’il ne faisait pas preuve de plus de fermeté envers le gouvernement cubain.

Cette grave violation de l’éthique journalistique et de la liberté de la presse n’a pas ému grand monde au niveau international. Quant à la célèbre organisation française de « défense de la liberté de la presse », Reporters sans frontières, elle est restée muette sur cette affaire pour ne pas froisser certaines connaissances du sud de la Floride [10].

Notes

[1] « Conflicto de intereses en pagos a periodistas locales », par Oscar Corral, El Nuevo Herald, 8 septembre 2006.
[2] « US ‘Paid Anti-Cuba Journalists’ », BBC, 8 septembre 2006.
[3] Oscar Corral, op. cit
[4] Ibid
[5] Ibid.
[6] The New York Times, 8 septembre 2006.
[7] Ibid.
[8] « Miami Herald Chief Quits Over Cuba Revelations », par Jason Deans, The Guardian, 3 octobre 2006
[9] Ibid.
[10] À propos des liens entre Reporters sans Frontières et le Département d’État, lire aussi « Le financement de Reporters sans frontières par la NED/CIA », par Diana Barahona et Jeb Sprague, Voltaire, 7 août 2006, et « Quand Reporters Sans Frontières couvre la CIA », par Thierry Meyssan, Voltaire, 25 avril 2005.

(Réseau Voltaire - Salim Lamrani)

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mercredi, novembre 15, 2006

Actualité - Muslims and the Media

Le 26 octobre 2006, Tony Seed, rédacteur en chef de Shunpiking Magazine, a interviewé Sandra L. Smith sur le sujet: Les musulmans et les médias. Sandra est la dirigeante nationale du Parti communiste du Canada (marxiste-léniniste) et la rédactrice en chef du journal quotidien du Parti, Le Marxiste-Léniniste.

* * *

Sur la question des musulmans et des médias, je veux traiter plusieurs points importants. Je n'aborderai pas les exemples courants de désinformation des médias que nous connaissons tous, et que les musulmans connaissent bien car ils en sont les victimes. Je traiterai plutôt de certains aspects de la méthode et de la prémisse de cette désinformation des médias.

Selon la théorie politique qui informe l'État-nation européen, de nombreuses nations ont existé depuis des temps immémoriaux mais seuls les États-nations de style européen ont une histoire. Cet État-nation européen a été créé au XIXe siècle sur le dos des peuples des nations colonisées. Il a encore été imposé aux peuples colonisés qui avançaient vers la libération et l'indépendance au cours de la période qui a suivi immédiatement la Deuxième Guerre mondiale. Le point de vue eurocentrique que seules les nations qui acceptent l'État-nation européen ont une histoire a servi de justification pour saper l'effort des peuples colonisés pour décider de leur mode de vie. Aux XIXe et XXe siècles, l'eurocentrisme a sapé la capacité des peuples colonisés d'établir leurs projets d'édification nationale sur la base de leur propre matériel de pensée et de constituer des États-nations qui soient dans leurs intérêts. Et aujourd'hui, alors que les projets d'édification nationale européens sont en crise, leur imposition aux peuples en lutte pour leur libération provoque des catastrophes sans précédent.

L'histoire est mémoire

Réfléchissons un instant à ceci: L'histoire est mémoire. La mémoire est intelligence. Ainsi, selon cette théorie politique seuls les peuples qui acceptent l'État-nation européen ont l'intelligence et méritent d'appartenir à la communauté internationale des nations. Seuls ces peuples sont dignes de respect.

Si vous n'avez pas d'histoire, vous n'avez pas d'intelligence. Vous n'êtes donc pas humain. Alors que les cultures de l'Orient (lui-même une notion géographique eurocentrique) sont des civilisations millénaires, si elles ne se soumettent pas et ne forment pas des États acceptables pour l'ordre anglo-américain et son élite dominante et n'adhèrent pas à des modes de vie qui lui conviennent, leur État doit être déraciné. C'est ce qui informe la «guerre à la terreur» et la désinformation médiatique anglo-américaines.

Sans comprendre cette prémisse fondamentale et sans pouvoir la rejeter en nous armant d'un guide à l'action qui serve les intérêts des peuples, nous restons vulnérables face à ceux qui exigent que différents pays prouvent qu'ils sont dignes d'être membres de ce qu'on appelle la communauté internationale des nations. Sans ce guide à l'action, nos convictions et nos croyances sont ébranlées sous le feu constant des mensonges et des remises en question.

Vengeance contre ceux qui refusent de renier leur conscience et leurs croyances

Il faut comprendre également que la «guerre à la terreur» actuelle est l'échec des projets d'édification nationale des impérialistes anglo-américains et de leur offensive sioniste pour imposer leur mode de vie aux autres. La persévération des projets échoués entrave gravement la capacité des forces impérialistes dirigées par les États-Unis à réaliser la domination mondiale. Nous assistons donc à leur vengeance. Leur obsession morbide de la défaite les enrage et les conduit à commettre tous les crimes pour vaincre l'esprit humain qui leur résiste. S'ils doivent tomber, ils sont résolus à entraîner le monde dans leur chute.

Leur politique, leur conduite et leurs réactions sont totalement irrationnelles. La «guerre à la terreur» n'est pas une manifestation de la guerre en tant que poursuite de la politique par d'autres moyens. C'est la vengeance contre ceux qui refusent de renier leur conscience et leurs croyances. La vengeance est la plus vile des émotions et la plus vile des motivations. Elle conduit directement à la désintégration des normes de conduite civilisée. Le fait que dans la «guerre à la terreur» la vengeance soit appuyée par les États et les machines militaires les plus puissants que l'humanité ait connus la rend véritablement dangereuse. Mais si nous saisissons comme il faut la méthode de la désinformation impérialiste anglo-américaine et la combattons avec nos projets d'édification nationale, alors les peuples peuvent l'emporter.

Le devoir du gouvernement est de garantir les droits du peuple et d'assurer son bien-être

Il faut bien examiner la méthode des institutions créées par l'État-nation moribond du dix-neuvième siècle. Il avait comme fonction de protéger les propriétaires mâles de race blanche qui s'étaient emparés des terres, des ressources et des marchés des autres. Ils ont imposé une théorie de la gouvernance selon laquelle les partis politiques sont des organisations primaires dont le rôle est d'organiser le vote. Ensuite, par l'élection de députés, la volonté politique claire et cohérente du peuple s'exprime sous la forme d'un gouvernement de parti. Le parti élu reçoit le mandat de traduire la volonté politique en volonté légale. La théorie politique qui informe le système est la même, que le système de démocratie représentative soit le système parlementaire, le système présidentiel ou un mélange des deux.

Les partis politiques avaient et ont pour rôle d'être les gardiens du pouvoir des propriétaires. Leur mission était d'écarter le peuple du pouvoir pendant que les détenteurs de la propriété choisissaient le parti représentant le mieux leurs intérêts. Le peuple ne devait avoir aucun rôle dans les prises de décisions établissant l'orientation de la société, dont dépendent son existence et son bien-être. Aujourd'hui, la plupart de ces partis politiques ont dégénéré en cartels. Les militants à la base sont écartés du pouvoir par une mafia qui contrôle toutes les affaires du parti. Un peu comme l'ensemble du corps politique, les militants à la base ont été réduits à un bassin de votes servant à donner sur commander un vernis de légitimité à la mafia dominante.

La conception du peuple d'un parti politique et d'une démocratie qui permettent l'émergence d'une vision de la société militant en sa faveur, est totalement contraire à ce système. La vision du peuple d'un dirigeant et d'un gouvernement dont le devoir est de garantir les droits du peuple et d'assurer son bien être est une abomination pour ce système. Lorsque la conception du peuple de la démocratie parvient à se manifester dans une élection, les impérialistes n'en acceptent pas le verdict.

Ils consacrent des milliards de dollars à ce qu'ils appellent l'établissement de la démocratie pour imposer leur conception et porter au pouvoir, dans les pays opprimés, ceux qui construiront l'État-nation sur le vieux le modèle colonial européen au service d'intérêts étrangers. C'est pourquoi quiconque s'oppose à la domination étrangère ou défend le bien-être du peuple est qualifié de terroriste et que des pays sont qualifiés d'«État voyou» et de «dictatures» faisant partie d'un «axe du mal». C'est aussi la raison pour laquelle les impérialistes et leurs médias attisent la violence sectaire entre les partis politiques, au sein des partis et entre les différentes communautés, et que leurs services secrets commettent des actes terroristes et en accusent le peuple. Dans un état de guerre civile, toute cohérence est perdue à moins que le peuple bâtisse un rempart contre elle.

L'incitation aux affrontements entre les sectes religieuses, entre les nationalités, entre les communautés et entre les partis politiques est le fait d'un État réactionnaire, qu'il soit national, étranger ou les deux. Les explications intéressées qui blâment le peuple pour la violence sectaire cachent les intérêts et les objectifs que cette violence sert.

L'histoire, la mémoire et la vision d'avenir du peuple

Dans l'histoire des peuples, les différentes communautés s'assemblent depuis les temps immémoriaux. Elles forment des nations, se dotent d'institutions publiques et elles forment des États. Elles ont également un intérêt à continuer de le faire de plus en plus largement à l'avenir, jusqu'à ce qu'il soit possible de concevoir que l'humanité elle-même abatte les frontières et s'établisse sur une base entièrement nouvelle, déterminée par la nécessité d'affirmer les droits humains dans ces conditions.

En l'absence d'un avenir sur la vieille base, les sociétés meurent et les sociétés mourantes dégénèrent et s'enlisent dans la corruption, le crime et la violence. Par contraste, les sociétés qui cherchent à se bâtir un avenir créent les moyens, les forces et le matériel de pensée nécessaires pour apporter des solutions aux problèmes auxquels elles sont confrontées. C'est pour empêcher le peuple de trouver des solutions aux problèmes auxquels ils sont confrontés que les impérialistes anglo-américains imposent par la violence leur modèle dépassé de l'État-nation européen. Ce sont eux, et non les peuples, qui sont à l'origine de la violence sectaire. La désinformation, par les médias ou les agences d'État, est précisément cela: l'oeuvre d'agences secrètes de l'État qui s'acharnent à saper la cohérence du peuple, sa capacité de penser et sa capacité d'agir dans son intérêt. Le terrorisme d'État recourt aux services secrets de l'État pour attaquer des cibles civiles et ensuite blâmer le peuple. Une propagande est faite pour semer le doute sur les motifs de certaines personnes ou sur la vérité des événements. Cette méthode sert à saper la capacité du peuple de s'orienter et de penser rationnellement.

Ainsi, la seule chose qui nous sépare de la destruction, de la corruption, du crime et de la violence qui sont en train de remplacer toutes les normes de conduite humaine civilisée, c'est notre capacité de nous orienter en donnant de la valeur à ce qui sert nos intérêts et à ce qui s'oppose à ceux de nos détracteurs. Nous devons bâtir notre unité là-dessus. C'est ce que nous voulons dire par bâtir nos projets d'édification nationale. Nous seuls pouvons nous donner une vision qui fasse avancer nos sociétés.

Combattre la désinformation

Comme le mot le dit, le but de la désinformation est de renverser la mise en forme: de détruire les formes sociales, politiques, culturelles, religieuses et autres formes que les peuples se sont données. Cela comprend les sociétés organisées et les cultures auxquelles les peuples ont donné naissance et qui leur permettent de s'épanouir en tant que peuples. Ces formes dans lesquelles s'expriment nos vies et nos cultures sont le mur qui nous sépare du rêve de domination mondiale des impérialistes. Ces derniers doivent s'attaquer aux formes pour réaliser leurs desseins et nous devons les défendre. Mais au lieu de vouloir rétablir les formes passées que les impérialistes ont détruites par les attaques de l'État, en défendant notre être nous donnons naissance à de nouvelles formes, de meilleures formes. C'est seulement ainsi que nous pouvons nous épanouir.

Il ne s'agit pas de s'excuser pour les formes historiques et le matériel de pensée qui les sous-tend, mais de les défendre, comme le fait la résistance musulmane. C'est également le rôle des médias: de in-former, de donner une forme cohérence et utile au nouveau contenu.

Nous devons étudier l'objectif et les méthodes de l'information et de la désinformation et en discuter, non pas pour se plaindre, comme si nous pensions que des remèdes vont venir des dieux de la peste, non pas pour se lamenter d'avoir perdu ce qui est passé, mais pour renforcer notre résistance à la destruction, jusqu'à ce que nous puissions renverser la situation et passer à l'offensive. Au lieu de devoir établir à tous les jours ce que nous ne sommes pas, nous pourrons alors proclamer fièrement ce que nous sommes.

Les infidèles sont ceux qui n'ont pas de fidélité à leur mode de vie

Permettez-moi de m'arrêter sur un des nombreux mensonges utilisés pour désinformer notre lutte de résistance. Selon les médias impérialistes, les musulmans considèrent tous les non-musulmans comme des infidèles et leur ennemi. Je crois que c'est carrément un mensonge. C'est un mensonge parce que cette interprétation est contraire à la fière tradition de tolérance établie par l'Islam au fil des siècles. Il a non seulement permis aux peuples conquis de poursuivre leurs religions et leurs cultures, mais il les a encouragés à le faire. Il en est demeuré ainsi jusqu'à ce que ses projets d'édification nationale s'égarent en l'absence de visions renouvelées.

Mais plus important que ces vérités historiques, il faut voir que ce mensonge est conçu pour subvertir le riche matériel de pensée qui est à l'origine du projet d'édification nationale mahométan.

À l'époque, alors que la guerre tribale faisait place au besoin d'édification nationale, la corruption des quelques-uns fit obstacle à l'unification en tant que peuple. L'histoire appelait à la création d'une autorité correspondant aux conditions et aux besoins du peuple dans les conditions d'alors. Des individus corrompus y firent obstacle. Ils se servirent de leur position pour contrer l'unification en tant que peuple. C'est alors que l'Islam définit les infidèles comme étant ceux qui n'avaient pas de fidélité à leur propre mode de vie, qu'il soit islamique ou autre. Ceux-ci n'avaient aucune conscience de leurs responsabilités sociales et donc aucune conscience ou conviction. Ils étaient des lâches, des personnes sans fidélité à aucun principe.

La philosophie à l'époque servait à expliquer les rapports entres les individus et le rapport entre les êtres humains et la nature. Elle devrait le faire aujourd'hui également. Ce n'était pas une philosophie de maraudeurs selon laquelle la vérité est ce qui marche et la fin justifie les moyens.

Les peuples ayant d'autres cultures, systèmes politiques et religions qui adhéraient fièrement à leurs croyances et à leur mode de vie, et qui respectaient le droit des autres d'en faire autant, ne sont pas considérés comme des infidèles. Aujourd'hui les impérialistes sont les maraudeurs infidèles. Et comme toujours, quand les vrais infidèles ne parviennent pas à réaliser leurs objectifs avec une méthode donnée, ils s'adaptent pour survivre. C'est que pour eux, il n'y a pas de principe, il n'y a pas de culture, il n'y a que la croyance enragée que la fin justifie les moyens.

Ainsi, aujourd'hui ces infidèles s'adaptent. Ils ne parviennent pas à rallier les peuples à leur «guerre à la terreur» en démonisant ceux qui refusent de se soumettre à leur diktat. Maintenant ils prétendent respecter toutes les religions et toutes les cultures, tout en déclarant que l'«intégrisme islamique», ou ce qu'ils appellent l'«islamofascisme», et le communisme sont des idéologies de haine et que ceux qui épousent ces idéologies de haine doivent être bannis par la loi. De cette façon les impérialistes utilisent leur pouvoir et institutions d'État pour criminaliser la conscience.

Les constructions mentales qu'ils appellent «intégrisme islamique» et «islamofascisme» servent à créer le précédent qui permette de bannir par la loi toute résistance musulmane aux tentatives de l'impérialisme anglo-américain de s'emparer de pays d'Asie et d'Afrique et de supprimer également la résistance de tous ceux qui vivent dans le ventre de la bête impérialiste. Aujourd'hui, toute croyance qui fait obstacle à la cause impérialiste est attaquée sous prétexte que c'est une idéologie de haine. Aujourd'hui l'impérialisme anglo-américain veut criminaliser tous ceux qui refusent d'accepter ses valeurs, son mode de vie et son diktat. Ceux-ci sont qualifiés d'intégristes, d'extrémistes et de terroristes.

Unissons-nous à la défense des droits de tous

À mon avis, dire sa pensée est un défi de plus en plus grand dans la période qui vient. Mais c'est une bataille que les impérialistes ne peuvent pas gagner. La survie est une activité propre à l'existence animale, pas à l'existence humaine. Doté comme il l'est de la connaissance, de la capacité de concevoir le manque par abstraction, de réfléchir et de planifier, l'activité propre à l'être humain n'est pas de survivre par l'adaptation. C'est de vivre, de grandir, de s'épanouir. Si l'un adhère à des croyances fondamentalistes ou à des croyances libérales, c'est une affaire de conscience. La politisation et la judiciarisation de la croyance sont inadmissibles. Seules les choses que le public accepte de rendre publiques et de soumettre à la délibération et au sujet desquelles il se forme une conviction de ce qui est bien pour la société dans son ensemble, peuvent faire l'objet de récompense et de châtiment. Et c'est nous le peuple qui sommes le public. Ce sont nos délibérations qui comptent. Les médias ont un important rôle à jouer à informer, à mener la délibération et à former la conviction. Un point de départ serait d'accepter le monde tel qu'il est, pas tel que nous souhaitions qu'il soit. Nous acceptons les conditions telles qu'elles sont pour les transformer. Nous ne sommes pas nécessairement d'accord avec ces conditions, mais nous nous basons sur ce qui est. Nous ne pouvons nous permettre de nous laisser envahir par l'idéal du monde que nous voulons uniquement parce que nous ne sommes pas d'accord avec ce qu'il est. Nous devons choyer notre expérience directe, tirer les conclusions qui s'imposent et nous doter de guides à l'action qui nous unissent dans notre cause commune. Nous devons nous unir en défendant les droits de tous.

Ce sont quelques-unes des conclusions que moi et l'équipe rédactionnelle et technique du Marxiste-Léniniste et des journalistes qui écrivent pour Le Marxiste-Léniniste parmi les travailleurs et parmi les personnes qui luttent, tirons. Nous faisons tout ce que nous pouvons pour chercher la vérité dans les faits en gardant à l'esprit l'appel de l'histoire. La notion impérialiste de la fin de l'histoire sert à nier la mémoire, c'est-à-dire nier l'intelligence pour que les peuples ne puissent s'unir sur la base d'un effort commun pour apporter aux problèmes réels des solutions viables qui servent l'humanité. Nous sommes résolus à aller de l'avant durant l'année qui vient pour qu'ensemble nous puissions faire le pas audacieux nécessaire à la défense des droits de tous.

(Traduit de l'anglais par Le Marxiste-Léniniste)

(Shunpiking Magazine)

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